Interview Grégoire Chevignard : passer de 0 au Tor des Géants ?

Interview Gregoire Chevignard
 

Vous connaissez peut-être Grégoire Chevignard à travers son livre (attention, le titre est long) De mon canapé à la course à pied la plus dure du monde : Comment j’en suis venu à courir 250km dans le Sahara dix-huit mois après m’être acheté ma première paire de chaussures de sport. Je suis souvent sollicité, dans les commentaires d’articles ou par messagerie, par des gens qui débutent ou reprennent le sport et qui sont à la recherche d’une montre cardio GPS pour les accompagner.

Du coup, j’ai trouvé que son profil pouvait être intéressant. Alors je l’ai contacté et il a sans hésité accepter de participer à cette interview. Vous allez aussi découvrir que c’est loin d’être un geek sportif, mais juste un sportif connecté (c’est par ces mots que je commence désormais toutes mes vidéos sur YouTube) qui n’a pas besoin de tout un tas de statistiques pour courir le Tor des Géants.

D’ailleurs, de son canapé à l’ultra trail, il n’a pas changé de montre cardio GPS.

 

Jérôme : Tu es passé de ‘pas de sport du tout’ à l’endurance longue distance en seulement quelques années. Pour commencer, pour que les lecteurs cernent un peu mieux ton état d’esprit, peux-tu nous dire comment ça s’est passé ?

Grégoire : Nous sommes quatre frères, le plus jeune d’entre nous (je suis l’aîné) nous a offert à Noël un dossard pour une course qui aurait lieu en septembre. Ce cadeau avait deux motivations. D’une part, il est radin. Or les 20 premiers inscrits à la course ont droit à un dossard gratuit ; le cadeau ne lui a donc rien coûté. D’autre part, il s’était remis au sport quelques mois auparavant ; il pensait donc pouvoir, en une course, pouvoir effacer le souvenir de quinze ans de brimades en nous battant.

En fait, nous avons tous été minables à cette course. Tellement minables que nous en avons été vexés. Pour laver l’affront, nous avons donc décidé de nous inscrire au marathon de Paris, ce qui nous laissait six mois pour nous remettre au sport, afin de redorer le blason fraternel.

Ensuite, les choses se sont enchaînées … pour moi. Mes frères, qui sont plus malins que moi, ont jeté l’éponge après le marathon de Paris.

 

Jérôme : Quelle montre est-ce que tu utilises ? Pourquoi avoir choisi cette marque ?

Grégoire : Suunto Ambit 2

J’ai toujours considéré qu’avoir une montre GPS ne servait à rien de plus, pour l’usage que j’en ai, que ce qu’offre gratuitement la moindre application gratuite sur smartphone. Sauf, que sur de l’ultra, le smartphone n’a jamais assez de batterie pour faire office d’Ipod, téléphone et montre GPS. Après plusieurs mésaventures, je me suis donc tourné vers les montres GPS et ai choisi celle qui avait la plus grande autonomie batterie du marché à l’époque [l’Ambit 2 propose 3 modes d’enregistrement GPS : 16, 24, et 50h].

 

Jérôme : Es-tu un « early adopter » : quand as-tu commencé à utiliser une montre GPS ?

Grégoire : J’ai commencé à utiliser une montre GPS quand je me suis mis à courir des épreuves de plus de 8 heures. J’y suis venu à reculons car je suis convaincu que je n’ai pas besoin de toutes les informations que donne la montre car je ne sais pas les exploiter. Je ne dis pas qu’elles sont inutiles ; je dis juste que je n’ai pas les compétences nécessaires pour interpréter les données.

Et puis, franchement, si je veux progresser, je sais ce qu’il me faut faire : travail en côte et fractionné. Je n’en suis pas à optimiser mes entraînements en scrutant ma vitesse verticale ou mon rythme cardiaque. Pour tout dire, je ne connais même pas ma VMA. Coureur loisir un jour, coureur loisir toujours.

 

Jérôme : Qu’est-ce que tu adores sur ta montre ?

Grégoire : Le calcul automatique du temps de récupération. La fonction est bridée visiblement ; le maximum, c’est 120h. Que tu coures un 50km à bloc ou le Tor des Géants, même temps de récupération ; ça me fait toujours rire.

Plus fondamentalement, j’aime beaucoup la clarté de l’affichage et la facilité d’utilisation en course : les boutons sont gros et l’utilisation intuitive.

 

Jérôme : Quel est le défaut qui pourrait t’en faire changer ?

Grégoire : L’autonomie de batterie 😉

 

Jérôme : Est-ce que pour toi c’est un élément important de ton matériel ?

Grégoire : De moins en moins parce que, et c’est probablement un tort, je n’ai plus de plan d’entraînement structuré. J’ai donc moins besoin de mesurer le kilométrage parcouru. Bref, je porte la montre en course seulement ; et encore, une fois sur deux j’ai oublié de vérifier si elle était bien chargée…

 

Jérôme : Comment est-ce que tu t’en es servi dans ta progression aussi rapide ?

Grégoire : Je suivais un plan d’entraînement quantitatif plus que qualitatif. Dit en français, j’enquillais les bornes sans me préoccuper de ma vitesse. La montre m’a donc servi à suivre ce kilométrage.

 

Jérôme : A quoi est-ce qu’elle te sert pendant les courses ? Est-ce que tu t’y fies vraiment pour adapter ton allure ou est-ce que tu la portes juste pour information ?

Grégoire : En course, effectivement, elle me sert à tenter de réguler ma vitesse. Moins vite au début, plus vite à la fin. Sauf qu’à la fin, il est difficile d’accélérer en règle générale.

En revanche, j’ai du mal avec l’altimètre parce que je ne le recale pas en début de course pour prendre en compte les données barométriques du jour et, surtout, parce que j’étudie assez peu les profils de course ; comme je ne sais pas combien de D+ je dois affronter, la lecture de l’altitude ne m’est pas très utile pour anticiper.

 

Jérôme : Quelles sont les données affichées sur ton écran principal ?

Grégoire : Ca dépend des objectifs que je me suis fixés.

Sur un marathon « sortie longue » avant un 24h par exemple, je n’affiche que le rythme cardiaque que je tente de maintenir dans une plage donnée. Et c’est à l’arrivée que je découvre à quelle vitesse j’ai couru.

Sur un 24h, j’ai un plan de course donc j’affiche uniquement la vitesse instantanée que j’essaie de maintenir.

Sur un trail, je navigue entre altitude, vitesse et rythme cardiaque.

 

Jérôme : Est-ce que tu programmes des alarmes, des tours automatiques ou autre ?

Grégoire : Je l’ai fait une fois pour discipliner mon hydratation. Un bip toutes les 20 minutes. J’ai cru devenir fou au bout de quelques heures. Et les autres coureurs auraient pu me tuer s’ils avaient eu un couteau sous la main [ahahah, vive les alertes par vibrations donc].

 

Jérôme : En dehors de la vitesse et du cardio, quelles fonctions sont importantes pour ta pratique ?

Grégoire : Aucune.

 

Jérôme : Est-ce que tu t’en sers pour gérer ta charge d’entrainement ou ta récupération ?

Grégoire : Quand j’ai un plan spécifique, oui pour la charge d’entraînement.

 

Jérôme : Est-ce que tu l’utilises en dehors de tes courses ? Pour quelle(s) activité(s) ?

Grégoire : Les rares fois où je me pose sur un vélo (je me suis fait piquer le mien il y a un an), je l’utilise. Je n’ai jamais essayé quand je nage ; j’attends de mieux savoir nager. Pour l’instant, j’aurais trop honte que mes amis Suunto ou Strava voient ce dont je suis (in)capable.

 

Jérôme : As-tu déjà essayé une montre avec un cardio optique ? Que penses-tu de cette nouvelle technologie ?

Grégoire : Non. Mais j’aimerais bien pouvoir me débarrasser de la ceinture. Je suis donc assez favorable à cette technologie ; attendons juste qu’elle soit fiable…

 

Jérôme : Quelle est la séance d’entrainement que tout runner devrait faire ?

Grégoire : Du long. Plus c’est long, plus c’est bon.

 

Jérôme : Quel est le pire conseil que tu entends parfois ?

Grégoire : Il faut toujours finir à bloc ; no pain no gain. C’est le meilleur moyen de se faire mal, de s’épuiser et de ne pas avoir envie de rechausser les running le lendemain.

 

Jérôme : On sort du domaine des montres, avec un budget de 100€, qu’est-ce que tu achètes ?

Grégoire : Des livres d’aventure (Mike Horn [je suis aussi un fervant lecteur des aventures de Mike Horn], Jack London), montagne (Rebuffat, Frison Roche) ou course à pied (pas des manuels d’entraînement, des récits ou témoignages).

 

Encore merci à Grégoire pour le temps qu’il m’a accordé pour cette interview. Maintenant, c’est à vous de jouer si vous avez des propositions à me faire pour la prochaine interview.

 

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