Interview Luca Papi : sa montre GPS affiche 27303km au compteur

Interview Luca Papi
 

Il y a un mois, j’avais commencé une série d’interview de sportifs pour qu’ils nous disent un peu comment ils utilisent leur montre GPS. C’est François D’Haene qui avait été le premier invité. (relisez son interview en cliquant ici)

Sur Facebook, l’un de vous m’avait suggéré d’interviewer Luca Papi. Je l’ai donc contacté et il a bien gentiment accepté. Quand vous verrez la tronche de sa montre, vous n’allez pas en croire vos yeux…

Sur un trail, on repère facilement Luca (qui a parlé de ses cheveux ?) avec son large sourire ;o) Soutenu par WAA Ultra et Vibram Paris Academy, il aligne quasiment une course par semaine, pour le plaisir.

 

Jérôme : Après l’interview de François D’Haene, un lecteur m’a suggéré ton nom pour la prochaine. Je ne te connaissais pas et je suis allé voir ton profil Facebook. Et là, il m’a semblé distinguer que des vieilles montres (horreur).

Allez, avoue, quelle montre utilises-tu régulièrement ?

Luca : J’utilise principalement une 910 de Garmin : ma première (et unique) montre GPS 🙂

[Allez, la voilà sa Forerunner 910XT. Si vous vous demandez à quoi sert le chattertone sur le côté du boitier, qui lui donne un air digne de Mad Max, c’est parce que « les boutons se barrent »… Au passage, remarquez le nombre de kilomètres qu’elle a au compteur.]

Luca Papi Forerunner 910XT

Jérôme : Es-tu un « early adopter » : quand as-tu commencé à utiliser une montre GPS ?

Luca : J’ai commencé la course en 2010, au début je me contentais de l’application de mon smartphone, j’ai dû acheter ma montre en mars 2012, la première activité enregistrée date du 15 mars.

 

Jérôme : Pourquoi avoir choisi Garmin ? Et pourquoi as-tu gardé cette montre si longtemps ?

Luca : À l’époque c’était une des seules à intégrer un altimètre [barométrique], paramètre important pour moi vu les trails avec toujours un fort dénivelé : ça permet de doser son effort sur des montées… Je l’ai gardée longtemps simplement parce que elle est fiable, la batterie encore bonne (22h20 le premier ultra en 2012 [pour info, l’autonomie annoncée par Garmin à sa sortie était de 20h] et maintenant 17h30, elle n’a pas perdu beaucoup) et surtout car une montre c’est un sacré budget que je n’ai pas.

 

Jérôme : Qu’est-ce que tu adores sur ta montre ?

Luca : Elle est intuitive et simple d’utilisation, facile à programmer à l’entraînement comme en course.

 

Jérôme : Quel est le défaut qui pourrait t’en faire changer ?

Luca : Elle prend l’eau après 27000km et quelques milliers d’heures d’utilisation… Et l’altimètre barométrique est HS.

 

Jérôme : Est-ce que pour toi c’est un élément important de ton matériel ?

Luca : Oui… Et non… c’est bien de savoir où on en est… Mais parfois vaut mieux pas 🙂 ça peut donner des bons coups au moral 🙂

 

Jérôme : Tu m’as confié que l’altimètre déconnait complètement. Ca parait incroyable pour un trailer… Comment est-ce possible ?

Luca : L’an dernier en Guadeloupe elle a pris l’eau, une fois l’intérieur séché tout est revenu sauf ça… Il reste entre 12000 et 20000m d’altitude…

 

Jérôme : A quoi est-ce qu’elle te sert pendant les courses ? Est-ce que tu t’y fies vraiment pour adapter ton allure ou est-ce que tu la portes juste pour information ?

Luca : Ça a un côté bien pratique dans la gestion, savoir où est le ravitaillement et combien de d+ il nous reste, pas indispensable car avec un simple profil et quelques éléments du parcours genre villages traversés ou points remarquables on y arrive bien… Mais oui généralement je m’y fie bien.

 

Jérôme : Quelles sont les données affichées sur ton écran principal ?

Luca : L’heure, la distance (le d+ je l’ai enlevé depuis quelques temps), la vitesse moyenne pour info même si elle ne sert pas à grand-chose et le temps écoulé. [Je suis moi aussi un adepte de l’allure moyenne au kilomètre plutôt que de l’allure instantanée. Lisez cet article pour savoir pourquoi].

 

Jérôme : Est-ce que tu programmes des alarmes, des tours automatiques ?

Luca : Dès fois, souvent sur des courses horaires.

 

Jérôme : En dehors de la vitesse et du cardio, quelles fonctions sont importantes pour toi ?

Luca : Surtout la distance pour voir combien reste au prochain ravito et l’altitude.

 

Jérôme : Est-ce que tu t’en sers pour gérer ta charge d’entrainement ou ta récupération ?

Luca : Pas vraiment côté récup, j’ai quelques bases d’entraînement, je programme oui des séances avec des distances ou du temps (30/30, Xx400m, 2000m… Y en a une tripoté) mais selon le ressenti et les envies du moment.

 

Jérôme : Est-ce que tu l’utilises en dehors de tes courses ? Pour quelle(s) activité(s) ?

Luca : Pour toute activité outdoor, même si ça se résume à du vélo une fois par an.

 

Jérôme : As-tu déjà essayé une montre avec un cardio optique ? Que penses-tu de cette nouvelle technologie ?

Luca : Un ami (Sylvain) m’a donné une Epson que je suis en train de tester en ce moment, ça a l’air assez fiable… À voir avec plus de retours mais pour l’utilisation que j’en ai ça semble suffisant, savoir que la ceinture cardio peut gêner au bout de quelques heures et c’est pour ça que j’ai arrêté de l’utiliser.

 

Jérôme : Quelle est la séance d’entrainement que tout runner devrait faire ?

Luca : Y a pas de séance type… Faut surtout s’entraîner selon son objectif mais surtout ses capacités et le plus important à mon avis c’est de s’écouter, la séance à pas oublier c’est la séance de repos car on peut pas s’entraîner autant que l’on veut… Fatigué on va nulle part.

 

Jérôme : Quel est le pire conseil que tu entends parfois ?

Luca : C’est surtout quand quelqu’un se force à faire la séance prévue car « c’est dans mon plan »… Alors que faire une séance fatigué ça n’apporte pas énormément mis à part de la fatigue supplémentaire…

 

Jérôme : On sort du domaine des montres, avec un budget de 100€, qu’est-ce que tu achètes ?

Luca : François m’a devancé avec le restaurant… Je dirais que avec 50 la semaine dernière je suis reparti de l’Ultra Trail de la Brie avec un carton plein de produits du terroir 🙂 c’est tellement beau de pouvoir se promener dans le monde et revenir chaque fois avec des produits locaux… Et ça fait vivre le commerce local 🙂

 

Conclusion : cette interview est intéressante, car on se rend bien compte que Luca n’est pas l’esclave de sa montre GPS. C’est un outil qu’il utilise, mais qui ne remplace pas son cerveau.

L’autre enseignement, c’est qu’on n’est pas obligé de changer de montre tous les 2 ans parce que Garmin sort une nouvelle montre GPS tous les mois. C’est un point auquel je fais particulièrement attention dans mes recommandations ou lorsque je réponds à des questions : proposer une montre qui répondra juste à vos besoins. Tout le monde n’a pas l’utilité d’une Fenix 5.

Encore merci à Luca pour le temps qu’il m’a accordé pour cette interview. Maintenant, c’est à vous de jouer si vous avez des propositions à me faire pour la prochaine.

 

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