Le blues du fitness tracker ? Comment rendre les wearables utiles ?

Blues du fitness tracker
 

La popularité des Fuelband, Fitbit et autres wearables a explosé au cours des dernières années. Pourtant, les statistiques montrent que peu de gens continuent d’utiliser ces appareils après quelques mois.

Du design un peu geek et assez laid aux interfaces utilisateur compliquées ou aux applications incompatibles entre elles, en passant par l’overdose de statistiques, de nombreux trackers d’activité n’arrivent pas à fournir aux utilisateurs des renseignements utiles qui les motiveraient à continuer à les utiliser.

D’après une étude d’Endeavour Partners, plus d’un tiers des personnes qui possèdent un tracker d’activité ou une smartwatch les abandonnent au bout de quelques mois.

 

Look et interface

Un problème peut être que de nombreux wearables sont destinés à être portés sur le poignet. Un fitness tracker porté au poignet est visible, et beaucoup de gens ne sont pas forcément à l’aise avec l’idée de montrer qu’ils utilisent un tracker d’activité.

Le simple fait de porter un objet high tech sur votre poignet donne une indication sur votre personnalité. Et certaines personnes n’ont pas envie de dévoiler leur côté geek.

En outre, certains trackers d’activité ont des interfaces pas franchement user friendly, comme celle qui vous oblige à taper l’écran du tracker pour activer des fonctions différentes, ou pire, ceux qui ne se synchronisent pas à une application de smartphone.

Bref, s’ils veulent que leurs fitness trackers soient portés 24h/24, les fabricants doivent faire un effort sur le look et la simplicité de leur interface. C’est ce que semble avoir compris Polar avec le A360 et pas Garmin avec le Vivosmart HR. Ces 2 trackers d’activité sortiront à peu près en même temps, on verra le résultat en termes de ventes.

 

Des données, mais aucune analyse

Un autre problème des wearables est qu’ils fournissent beaucoup de chiffres, mais pas assez d’analyse.

Par exemple, le Nike Fuelband donne aux gens un certain nombre de « fuel points » pour chaque activité, mais qu’est-ce que ces points signifient ? Est-ce que marcher 10 000 pas (ce que de nombreux trackers d’activité fixent comme objectif par défaut) est vraiment idéal ? ll n’y a aucune justification scientifique à cet objectif de 10 000 pas. C’est juste que d’un point de vue psychologique, c’est un objectif qui est atteignable. Si Misfit fixait comme objectif de marcher 30 000 pas par jour, les gens seraient démotivés rien que parce que cet objectif semble énorme. Et il n’y a aucune raison de vous arrêter à 10 000 pas lorsque vous avez atteint votre objectif.

Tous ces chiffres ne disent pas aux gens ce qu’ils cherchent à savoir : est-ce qu’ils améliorent leur condition physique.

Cela vient en partie du fait que la recherche n’a pas réussi à suivre la quantité de données que ces trackers d’activité peuvent mesurer. Bien que les scientifiques du sport conviennent qu’être plus actif est mieux que d’être sédentaire, ils ne savent pas quelle est la quantité d’activité optimale ou le rythme cardiaque au repos pour la personne moyenne.

En outre, de nombreux fitness trackers ne sont pas précis. Quelqu’un qui joue à la Wii avachi dans son canapé pourrait avoir un meilleur niveau d’activité que quelqu’un qui pousse une poussette en montée, par exemple. Juste parce que le premier agite plus les bras que le second.

La plupart des moniteurs de fréquence cardiaque optiques des trackers d’activité ne sont pas très précis (il en va différemment des montres GPS à cardio optique, pour peu que le bracelet soit correctement serré) et les mesures de calories brûlées sont des estimations approximatives, au mieux.

Les trackers d’activité qui prétendent ‘analyser’ la qualité du sommeil ne font guère plus que de mesurer nos mouvements pendant qu’on dort. Ils n’analysent pas du tout la qualité du sommeil, ils mesurent nos mouvements. Est-ce que la recherche a prouvé que nos cycles sommeil profond – sommeil léger sont corrélés à nos mouvements ? Je ne sais pas.

Parce que les données ne sont pas fiables, ça ne motive pas les gens à changer leur comportement. Et si les fitness trackers n’arrivent pas à motiver les gens, ils arrêtent de les utiliser.

 

Des applications incompatibles entre elles

Ca, c’est un autre gros, gros problème auquel de nombreux utilisateurs de montres GPS sont confrontés.

On n’arrête pas de leur dire que telle ou telle montre est parfaite pour le trail, qu’une autre est super pour le triathlon ou que la dernière Garmin sera une tuerie pour améliorer sa technique de course à pied.

Oui mais voilà, bien souvent, les plateformes des différentes marques ne sont pas compatibles entre elles. Ce qui fait qu’il est difficile de changer de marque au moment d’acheter une nouvelle montre GPS, sauf à accepter de perdre son historique d’entrainements. Ou alors, il est impossible d’utiliser une montre d’une marque pour ses activités et un tracker d’activité d’une autre marque pour son activité quotidienne. Parce que les données des 2 appareils ne pourront pas être analysées sur un même site.

Des sites tiers comme Strava tentent d’améliorer les choses, mais ils ne supportent pas forcément les nouvelles dynamiques de course, ou alors il leur manque des fonctionnalités comme la musique évolutive de Spotify. Et les applications comme Google Fit ou Apple Health n’ont pas encore réussi à centraliser tout ça.

Bref, aujourd’hui, il est impossible d’avoir tout ce qu’on veut simplement.

 

Motivation

Pour être plus utile, les trackers d’activité doivent jouer sur ce qui motive les gens à les utiliser : la peur, la cupidité, être belle. Ces choses qui motivent des gens. Il ne suffit pas d’avoir une application qui décerne des ‘badges’.

Kip Fyfe, président de 4iiii Innovations Inc, une société de wearables canadienne propose par exemple que les assurances fassent une réduction aux gens qui prouvent qu’ils sont actifs.

Et les données déjà accises des trackers d’activité pourraient améliorer le pouvoir prédictif des versions plus récentes. Par exemple, les chercheurs du Human Locomotome Project ont été en mesure de prédire quels participants allaient développer la maladie de Parkinson en regardant leurs journaux d’activité de leur fitness tracker. On peut imaginer des utilisations pour tenter de prédire ou du moins de voir venir l’obésité ou les problèmes cardiaques.

 

Conclusion

Tout ce que je demande, c’est un Tshirt connecté avec 13 capteurs, un footpod, des capteurs de pression dans mes semelles, une montre avec un grand écran, des écouteurs sans fil et des lunettes de réalité augmentée, le tout piloté par le coach virtuel d’un smartphone. C’est quand même pas compliqué, si ?

 

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