Test Suunto 3 Fitness : la montre cardio qui joue au coach

Test Suunto 3 Fitness
 

La communauté (et du contenu complémentaire) sur les réseaux sociaux : Facebook, Twitter, Youtube et Instagram .

Au fil des tests et des comparaisons sur le blog, vous devez bien connaître la gamme de montres GPS Suunto Spartan, née en 2016 avec la sortie de la Spartan Ultra. La Suunto 3 Fitness révolutionne un peu l’ordre établi. Elle est petite, légère, pas chère et vise une clientèle inhabituelle pour Suunto, généralement orienté vers les sportifs outdoor.

Ce qui rend la Suunto 3 Fitness intrigante : 200€ et pas de GPS ?

Sa plus grande force est cachée : elle est capable de construire toute seule un programme d’entrainement basé sur le cardio et qui s’adapte tout seul au fil du temps.

Non, ce n’est pas une mini Spartan. Alors, est-ce une option intéressante dans l’offre déjà fournie de montres de sport ? Ou alors un OVNI qui ne trouvera pas son marché ?

 

Présentation de la Suunto 3 FitnessPrésentation Suunto 3 Fitness

Dans la gamme de montres de sport de Suunto, la Suunto 3 Fitness fait figure d’OVNI déjà pour la simple et bonne raison qu’elle ne s’adresse pas au marché des traileurs ou de l’outdoor. Et puis les Spartan sont plutôt grosses, la Suunto 3 Fitness est tout fine.

Comme avec la gamme Spartan, Suunto a soigné sa copie sur le design, le but étant de faire de la Suunto 3 Fitness bien plus qu’une montre de sport. Je crois que tous les fabricants ont compris à quel point c’est devenu un critère important pour le choix. Il n’y a qu’à voir le travail fait par Garmin et l’évolution entre Vivoactive HR/Vivoactive 3 ou Forerunner 630/Forerunner 645.

La Suunto 3 Fitness est une petite montre très légère. Et pour une fois, Suunto a réussi à faire mieux que Garmin sur le poids : 36g ! A tel point que lorsqu’on l’a dans les mains, on se demande si c’est une vraie montre ou juste un boitier plastique vide. En guise de comparaison, la Vivoactive 3 pèse 48g, la Forerunner 35 37g, la M200 40g et la Spartan Trainer 56g.

Le boitier est en composite (fibre de verre), avec une lunette en acier inoxydable poli (et donc brillante, je suis pas trop fan). Mais par contre, la couronne qui l’entoure est beaucoup plus fine, ce qui donne un boitier de 43mm de diamètre et 14mm d’épaisseur.

Il y a plusieurs versions de couleur :

Elle est équipée d’un écran couleur, le même que celui de la Spartan Trainer, c’est-à-dire avec une résolution de 218 x 218 pixels. C’est aussi la résolution de la Fenix 5S. A la différence de la plupart des Spartan, il n’est pas tactile et 5 boutons permettent de naviguer dans les menus. Depuis quelques années, cette configuration est devenue un peu la norme.

Le bracelet silicone est fin (20mm) et équipé d’un système de remplacement rapide par petite tirette. C’est identique à la Forerunner 645 et la Vivoactive 3. Mais comme sur les Spartan Ultra, le revêtement qui rend le toucher du bracelet soyeux s’use rapidement. Les premières traces d’usure apparaissent au bout de 3 semaines. Attention pour les habitués aux montres Suunto, le bracelet de la Suunto 3 Fitness est beaucoup plus court qu’à l’habitude. Ne comptez pas la porter par-dessus une manche de veste.

Passons maintenant à ce qui fâche : l’absence de GPS. L’évolution du marché des montres de sport a introduit de plus en plus de puces GPS dans des montres de plus en plus entrée de gamme. Aujourd’hui, on trouve presque aisément une montre cardio + GPS à 99€. La Suunto 3 Fitness, c’est le double du prix mais sans GPS, juste un accéléromètre, pour mesurer l’allure et la distance. Bon, on peut quand même bénéficier de la précision du GPS en connectant un smartphone, un peu comme sur certains bracelets connectés d’ancienne génération (genre Fitbit Charge 2). Mais ça veut dire qu’il faut emporter son téléphone avec soi.

Il faut dire que le focus de la Suunto 3 Fitness, c’est l’entrainement cardio, pas le GPS. On trouve donc au dos un capteur cardio optique Valencell qui va enregistrer la fréquence cardiaque en permanence. Eventuellement, il est possible de coupler une ceinture cardio ou un brassard cardio optique Bluetooth.

On peut coupler d’autres capteurs externes, notamment un footpod ou un capteur de puissance Stryd pour la course à pied, un capteur de vitesse, de cadence mais pas de puissance pour le vélo.

Comme en général c’est la puce GPS qui pompe le plus de batterie sur une montre cardio GPS, ben l’avantage de ne pas en avoir c’est que l’autonomie augmente. L’autonomie en utilisation sportive est donc de 30h en utilisant le GPS connecté (du smartphone) et 40h sans rien. Et il suffit de seulement une heure pour la recharger complètement. En mode montre, elle monte à 10 jours mais seulement 4 si le Bluetooth et les smart notifications sont activées, c’est moins performant que d’autres montres connectées. Impossible de tenir 1 semaine en activant les smart notifications et suivant le plan d’entrainement proposé par la montre.

Dès qu’on manipule les boutons de la Suunto 3 Fitness, on reconnait le logiciel commun aux Spartan. Les mêmes écrans, les mêmes couleurs, la même disposition. Mais quelques fonctionnalités ont disparu et d’autres sont nouvelles.

  • Pas d’écran outdoor (altitude, météo, température), du fait de l’absence de capteur de pression atmosphérique et de température
  • Nouvel écran stress/récupération
  • Nouvel écran plan d’entrainement
  • Nouvel écran niveau de forme

Voici donc maintenant l’organisation des widgets, parfois constitués de plusieurs écrans accessibles par une pression du bouton central :

  • Fréquence cardiaque : FC en direct, au repos et graphique sur 12h, calories consommées en 1h à ce niveau de FC instantané
  • Récupération/stress : état actuel, graphique des ressources sur 16h
  • Tracker d’activité : nombre de pas et calories sur la journée et historique de la semaine
  • Entrainement : durée d’entrainement hebdomadaire et objectif, temps de récupération, plan d’entrainement de la semaine, total des activités des 4 dernières semaines
  • Sommeil : durée du sommeil de la dernière nuit et des nuits de la semaine, fréquence cardiaque minimale durant le sommeil
  • Niveau de forme
  • Exercice : accès aux profils sportifs pour l’enregistrement d’une activité
  • Journal : historique des activités
  • Chronomètre : chrono et compte à rebours
  • Paramètres

C’est une montre taillée pour l’entrainement, pour améliorer les performances sportives. Pas pour simplement enregistrer vos sorties. Le but, c’est de construire un plan d’entrainement et de l’adapter en fonction de vos progrès.

L’idée est bonne. Au lieu de mesurer plein de données et d’afficher tout un tas de statistiques sur l’écran de la montre et dans une application (c’est vrai, qui sait ce que représente 425 dans le widget training load de la Forerunner 645 ?), Suunto a opté pour un processus où c’est la montre qui fait le travail d’analyse et qui propose ensuite des consignes simples et compréhensibles par n’importe quel sportif.

Ce programme d’entrainement auto-adaptatif est une fonctionnalité de Firstbeat intégrée à la Suunto 3 Fitness. Firstbeat est connu pour fournir des algorithmes basés sur l’analyse cardio aux marques comme Polar, Suunto ou Garmin. Or, ils préconisent une durée de 4 semaines pour que leurs algorithmes donnent le meilleur de leurs possibilités, le temps d’arriver à affiner la mesure du VO2max et des autres données physiologiques. Donc il faut s’attendre à avoir des résultats qui peuvent être moyens durant cette phase d’apprentissage.

Notez bien qu’il faut obligatoirement faire une sortie avec GPS pour obtenir la première mesure de VO2max.

Dans mon cas, Garmin estime mon VO2max autour de 51 depuis plusieurs mois. La première mesure avec la Suunto 3 Fitness m’a gratifié d’un 56. Mais il est intéressant de voir que voir que ce nombre a évolué depuis. Au bout de 2 semaines, il a baissé à 55, puis 54 après 3 semaines et 53 à la fin de la quatrième semaine. Bonne nouvelle, les mesures semblent converger.

Les Spartan n’intègrant aucune fonctionnalité Firstbeat, il ne faut pas trop compter sur le transfert de cette fonctionnalité par mise à jour sur les Spartan.

Les fonctionnalités Firstbeat sont au nombre de 3 sur la Suunto 3 Fitness :

  • Analyse des ressources disponibles. C’est un peu l’équivalent du widget de suivi du niveau de stress des dernières montres cardio GPS de Garmin. Mais l’approche de Suunto est plus facile à interpréter. Le premier écran donne l’état actuel, non pas sous la forme d’un nombre mais d’un état (inactif, en récupération, actif). Le second écran est plus intéressant. C’est un graphique sur les 16 dernières heures (pourquoi pas 24 ? Je sais pas) du niveau de ressources disponibles. C’est un peu une jauge dont le but est de donner une indication du niveau de ressources disponibles à partir de données basées sur la mesure de la variabilité de la fréquence cardiaque comme le niveau de stress, de récupération, de la qualité du sommeil.
  • Niveau de forme. C’est en fait la mesure du VO2max.
  • Plan d’entrainement auto adaptatif (plus de détails ci-dessous).

A partir des métriques qu’elle mesure, la Suunto 3 Fitness est ensuite capable de vous proposer différentes séances d’entrainement sur les 7 prochains jours dans le but d’améliorer votre VO2max. C’est-à-dire dire quelle durée, quelle intensité, à quel moment dans la semaine. Et les jours de repos qui vont avec.

Chaque fois que vous partez vous entrainer sur une séance programmée, elle vous donnera les indications en direct (vibrations et/ou alertes sonores) pour rester dans la bonne zone cardio. Voilà ce qui explique l’absence de GPS. L’idée n’est pas de mesurer la distance parcourue ou la vitesse, mais d’améliorer vos performances cardiovasculaires.

Mais ce n’est pas tout !

Si vous ratez une séance parce que vous aviez aquaponey ce jour-là ou si vous ne respectez pas le travail préconisé lors d’une séance (parce que vous êtes un peu moins bien ce jour-là), le programme va adapter automatiquement la longueur et l’intensité des séances suivantes.

L’idée n’est pas de fixer un objectif dans l’appli qui serait de préparer un 10km ou un marathon. L’objectif du plan d’entrainement est simplement de chercher à améliorer votre condition physique. Ce n’est pas limité à la course à pied ; les séances d’entrainement cardio peuvent s’appliquer à n’importe quel profil sportif.

En plus de l’assistance évolutive à l’entrainement, on retrouve les outils d’entrainement des autres Spartan :

  • Programmation de fractionné (juste les répétitions, sans échauffement ni retour au calme)
  • Définition d’objectifs d’intensité (FC ou allure) et de caractéristique (distance ou durée)
  • Tours automatiques

La Suunto 3 Fitness possède bien un mode natation en piscine et est du coup étanche à 30m. Malgré l’absence de puce GPS, elle est compatible avec presque tous les profils sportifs de Movescount (même si la Suunto 3 Fitness n’est pas compatible avec Movescount), soit pas loin d’une centaine, de la course à pied à la randonnée, en passant par le vélo, la voile, le tennis ou le paddle. Mais pour certains, il faudra le GPS de votre smartphone pour enregistrer quelque chose de plus que la seule FC (par exemple en ski) et pour d’autres, ce sera impossible (comme pour la nage en eau libre ou le surf).

Le gros point noir, c’est que ces profils sportifs ne sont pas personnalisables (oui oui, comme la Spartan Ultra à ses débuts). Chez Suunto, on peut créer des profils perso depuis Movescount. Mais comme la Suunto 3 Fitness n’est pas compatible avec Movescount, vous voyez où je vais en venir. Non, on ne peut pas personnaliser les profils sportifs à partir de la nouvelle application Suunto. Impossible de définir quelle donnée afficher à quel endroit sur l’écran, impossible d’afficher moins de données par écran si vous avez une déficience visuelle, etc.

Une autre fonctionnalité ‘intelligente’ qui est rarement mise en avant, c’est la mesure des ressources. La Suunto 3 Fitness utilise la mesure de la variabilité de fréquence cardiaque pour déterminer la quantité de ressources dont vous disposez le jour de votre entrainement.

En gros, si vous êtes stressé ou que vous avez peu dormi, votre score de ressources va diminuer. Et ce ne sera peut-être pas le moment de chercher à faire péter votre record personnel. Si au contraire vous avez eu un début de journée relaxant et que le widget affiche un niveau de ressources à 82/100, alors vous pourrez vraisemblablement chercher à dépasser l’objectif de la séance du jour.

La Suunto 3 Fitness fait également office de tracker d’activité, enregistrant en continu le nombre de pas, les calories dépensées, la fréquence cardiaque et le sommeil.

Au-delà des fonctionnalités sportives, Suunto a cherché à faire de la Suunto 3 Fitness une montre connectée qui puisse être portée par à peu près tout le monde en toute situation. On trouve donc une liaison Bluetooth qui permet de coupler un smartphone et de recevoir les smart notifications. La dernière mise à jour des Spartan (et donc de la Suunto 3 Fitness) a ajouté un centre de notification accessible en 2 clics depuis l’écran d’heure (bouton du milieu puis bouton du bas). Mais c’est tout : pas de Wifi, pas de lecteur de musique, pas de widget météo, pas d’applications, etc.

 

Champs de donnéeSuunto 3 Fitness données

Chrono

FC

Zone cardio

Heure

Distance

Allure

Vitesse

 

Course à piedSuunto 3 Fitness running

Il y a bien plusieurs profils pour la course à pied (course à pied, trail, tapis de course), mais ils partagent tous les mêmes écrans de données. Le profil trail est le plus incomplet puisqu’il n’affiche aucune donnée d’altitude ou de dénivelé.

Etant donné qu’on ne peut pas modifier les écrans de données et qu’il n’y a pas de GPS, les options pour personnaliser les profils sportifs sont réduites :

  • Objectif : intensité (zone cardio ou zone d’allure) et/ou caractéristique (durée ou distance)
  • Thème : affichage en noir sur fond blanc ou blanc sur fond noir
  • Rétroéclairage : utile en hiver quand on court le matin ou le soir
  • Intervalles : pour faire du fractionné
  • Economie d’énergie : allumage en permanence ou extinction automatique de l’écran

Lorsqu’on lance le mode course à pied, la Suunto 3 Fitness commence par afficher un rappel pour lancer l’application Suunto sur le smartphone connecté afin de bénéficier du GPS (chose qui n’est obligatoire que si vous voulez enregistrer la trace GPS et fortement conseillé pour améliorer la précision des mesures de distance et vitesse).

L’écran de données affiche l’heure en haut, le chrono en bas et un champ central sur lequel on peut faire défiler la FC, la distance et la vitesse. Un peu à la manière de la Fitbit Versa. L’écran suivant affiche un graphique de la FC.

A chaque fois que le GPS connecté est utilisé, la Suunto 3 Fitness s’en sert aussi pour calibrer son l’accéléromètre. Ainsi, elle utilisera la longueur de foulée moyenne chaque fois que vous courrez sans GPS connecté. Bien sûr, une sortie utilisant que l’accéléromètre donnera des données moins précises qu’avec le GPS connecté.

Sinon, à la fin de chaque sortie running sans GPS connecté, elle vous proposera de rectifier manuellement la distance de la sortie. Si vous la connaissez, vous pouvez le faire. Mais on entame alors un jeu incessant de calibrages et rectifications. Je vous explique pourquoi.

En fonction de l’allure à laquelle vous courez, votre cadence reste peu ou prou la même (pour moi autour de 165 pas par minute), tandis que votre longueur de foulée change (foulée plus longue quand vous courez vite, plus courte quand vous courez doucement). Et vous commencez à voir venir le problème. Avec ses plans d’entrainement, la Suunto 3 Fitness vous demande d’alterner des séances faciles (donc lentes) et des séances difficiles ou très difficiles (donc plus rapides). A l’issue d’une séance facile, vous allez calibrer l’accéléromètre avec une longueur de foulée courte. Et lors de votre prochaine séance difficile, c’est cette donnée qui sera utilisée pour estimer la distance, sauf que sur cette séance rapide, votre foulée sera plus longue, et la distance sera fausse. Vous allez donc recalibrer l’accéléromètre. Mais si la prochaine séance est une séance facile, la distance sera de nouveau fausse.

Illustration chiffrée à partir de sorties réelles :

  • Séance très difficile, cadence 162, longueur de foulée 1,12m
  • Séance facile, cadence 164, longueur de foulée 1m
  • Sortie trail, cadence 164, longueur de foulée 0,85m

Avec ces données, il y aura une erreur de 12% dans l’estimation de la distance entre une séance très difficile et une séance facile. Non négligeable quand même !

Une fois la séance terminée, on retrouve les écrans de résumé des Spartan, avec les données de chaque tour présentées sous forme de tableau, puis l’écran de stats très complet : temps, distance, allure, cadence, graphique de FC, répartition par zone, calories, temps de récupération, PTE, EPOC, VO2max.

 

Assistance d’entrainement évolutiveSuunto 3 Fitness plan entrainement

La Suuunto 3 Fitness construit toute seule un plan d’entrainement sur 1 semaine. Elle décide de la durée et de l’intensité de chaque séance, ainsi que de l’enchainement des séances (jour de chaque séance et nombre de jours de repos entre chaque séance).

Le processus requiert un certain apprentissage. De mémoire, la première séance qu’elle m’a proposée était une séance ‘difficile’ : 25 minutes en zone 3… De la rigolade 1 mois après ma participation au triathlon de Cannes. Ce n’est qu’à partir de la 3e semaine qu’elle a commencé à me proposer des séances challenging (40 minutes en zone 4). Ne remisez donc pas trop tôt votre Suunto 3 Fitness dans un tiroir.

Ce ne sont bien sûr que des recommandations. Rien ne vous empêche de faire une séance de sport un jour de repos ou de ne pas faire une séance car vous n’êtes pas dispo le jour dit. Dans les 2 cas, elle adaptera le plan d’entrainement du reste de la semaine en fonction.

Exemple : lors de la 3e semaine, elle m’avait programmé une séance difficile le mercredi, facile le vendredi et difficile le dimanche. J’ai fait celle de mercredi, puis je suis allé rouler 65km le jeudi (jour de repos). Le plan d’entrainement a été modifié comme suit : suppression des séances de vendredi et dimanche, remplacées par une séance facile le samedi.

Chaque jour, lors de la première pression d’un bouton, la Suunto 3 Fitness affiche comme les Spartan les statistiques de sommeil de la nuit écoulée, puis annonce s’il y a une séance d’entrainement prévue aujourd’hui. Sinon, à partir de l’écran d’heure, une pression du bouton central permet également de voir s’il y a une séance programmée ou si c’est un jour de repos.

Deux écrans spécifiques sont accessibles à partir du widget Entrainement. On y voit les séances programmées (barres vert clair) et les séances réalisées (barres vert foncé) pour la semaine. Une pression du bouton bas permet de voir le résumé de chaque séance : durée et intensité (facile, difficile ou très difficile).

Lorsqu’on veut réaliser une séance de sport, on lance le widget Exercice. Là, par rapport aux Spartan, la Suunto 3 Fitness propose de réaliser une séance d’entrainement avant d’accéder aux différents profils sportifs (si une séance est programmée ce jour-là). Une fois qu’on a validé, on accède alors au choix du profil sportif. Ben oui, comme le coaching se fait au cardio, on n’est pas forcément limité à la course à pied pour remplir l’objectif fixé.

Une fois la séance débutée, on profite alors de l’assistance en direct. Le pourtour de l’écran indique les 5 zones cardio, dont la zone cible est en couleur (bleu pour la zone 1, vert pour la 2, jaune pour la 3, orange pour la 4 et rouge pour la 5) avec un curseur qui indique dans quelle zone on se situe. Attention, Suunto utilise une définition des zones cardio par défaut qui n’est pas la même que celle d’autres marques :

  • Zone 1 jusqu’à 71%
  • Zone 2 de 72 à 76 %
  • Zone 3 de 77 à 82%
  • Zone 4 de 83 à 87%
  • Zone 5 de 88 à 100%

Ca fait que certaines zones sont assez étroites. Dans mon cas (FCmax à 191bmp) ça fait des zones 4, 5 et 6 de 9bmp (exemple la zone 4 va de 157 à 166bmp). Si ça vous dérange, vous pouvez les personnaliser dans les paramètres d’entrainement.

La fréquence cardiaque est inscrite en gros au milieu de l’écran. Le fond de l’écran est en couleur si l’on se situe bien dans la bonne zone cardio, sinon il est noir ou blanc (en fonction du thème d’affichage choisi).

En-dessous se trouve la barre d’objectif, élément nouveau par rapport aux écrans des Spartan. Elle va se remplir petit à petit jusqu’à ce que l’objectif de la séance soit atteint. Le décompte est progressif, ce n’est pas du tout ou rien. C’est-à-dire que si l’objectif est de passer 40 minutes dans la zone 4, la barre va se remplir un peu plus vite si l’on est en zone 5 et un peu moins vite si l’on est en zone 3.

On reçoit 1 notification à 50% de l’objectif et l’écran indique la fin de l’assistance lorsqu’on arrive à 100%. A ce moment-là, l’enregistrement de l’activité ne s’arrête pas et l’on peut poursuivre la séance à l’envie ou terminer par un retour au calme.

On découvre là un problème dans l’implémentation de ce coaching. Théoriquement, on peut faire la séance qu’on veut, du moment qu’on remplit l’objectif de durée dans la zone d’intensité définie. Donc, pour une séance très difficile de 40 minutes en zone 4, je commence par 10 minutes d’échauffement en zone 2. Et voilà qu’au bout de 42 minutes, la montre m’annonce la fin de l’assistance. Or, avec 10 minutes d’échauffement + 40 minutes en zones 4, l’assistance aurait dû se faire jusqu’à 50 minutes à peu près. Sauf que là, mes 10 minutes d’échauffement en zone 2 ont déjà commencé à remplir la barre d’objectif (certes à vitesse réduite) et donc je n’ai eu à faire que 32 minutes en zone 4. Et théoriquement, si l’on pousse la chose à l’extrême, je pourrais remplir la barre d’objectif d’une séance difficile en faisant simplement un très long échauffement.

Durant la séance, on reçoit des alertes si on sort de la zone cible (que l’on passe au-dessus ou en-dessous) et lors qu’on revient en zone cible. Il y a quand même un certain temps de latence, qui fait qu’elle ne vibrera/sonnera pas si vous sortez de la zone pendant quelques secondes.

Pour finir, je trouve dommage qu’on ne puisse pas entrer quelques paramètres perso dans la planification d’entrainements (comme le nombre de séance par semaine, ou lui dire qu’on a envie de faire une séance longue le dimanche ou au contraire qu’on ne sera pas dispo le mercredi, etc.

Mais au final, est-ce que c’est efficace ?

Comme je vous l’ai dit, durant ce mois de test, ma VMA est passée de 56 à 54. Donc on pourrait croire que j’ai régressé. Mais cette diminution est à mettre sur le compte de l’ajustement initial nécessaire des algorithmes Firstbeat. Du côté de Garmin, ma VMA est restée à 52. Je pense que je n’ai pas encore assez de recul pour valider l’efficacité de la fonction d’assistance à l’entrainement. Je vais donc continuer à utiliser les plans d’entrainement de la Suunto 3 Fitness et je viendrai mettre à jour cet article dans quelques mois.

 

Autres sportsSuunto 3 Fitness natation

L’utilité des 80 profils sportifs de la Suunto 3 Fitness est grandement limitée par le nombre restreint de données mesurées. Il n’y a par exemple aucune donnée d’altitude ou de dénivelé, donc les profils comme la randonnée, le trail, la rando à ski ou le VTT sont assez peu utiles, si ce n’est à différencier les activités dans l’application Suunto.

On voit clairement l’orientation donnée à la Suunto 3 Fitness : c’est une montre développée autour de l’assistance à l’entrainement évolutive. Ce n’est pas une montre de sport pour les fous de stats, mais un outil pour s’entrainer et progresser.

Cela dit, comme l’assistance à l’entrainement évolutive se base sur la fréquence cardiaque, ça veut dire qu’on peut l’utiliser avec n’importe quel profil sportif. On peut très bien faire un jour une séance difficile en course à pied puis deux jours après une séance facile en vélo ou en tennis. Ou alors faire une séance de n’importe quel sport et laisser la montre recalculer la prochaine séance de course à pied.

 

Précision cardio et GPS

Je ne peux vous présenter dans cette section qu’une partie des enregistrements que j’ai fait avec la Suunto 3 Fitness. En effet, tous ceux que j’ai réalisés sans GPS connectés, pour tester la précision obtenue avec l’accéléromètre seul, ne sont pas supportés par l’outil de comparaison que j’utilise. Mais ça devrait être suffisant pour illustrer la fiabilité des mesures.

Pour qu’un programme d’entrainement cardiovasculaire soit efficace, il faut que le capteur cardio soit fiable. Sinon, ça ne sert à rien. Voyons donc ça tout de suite.

Globalement, j’ai trouvé le suivi cardio de la Suunto 3 Fitness bien meilleur que celui de toutes les Spartan que j’ai pu tester par le passé (3 modèles différents). Je sais que Suunto a travaillé avec Valencell pour adapter le capteur cardio optique à leurs montres cardio GPS. Je ne saurais dire si cette amélioration de précision est le fruit de ce travail d’optimisation ou simplement le résultat indirect de la réduction du format de la montre qui fait qu’elle reste mieux en place que les grosses Spartan. Toujours est-il que j’ai obtenu de meilleurs résultats lors de mes tests.

Le tracé de fréquence cardiaque est curieux, avec de nombreux décrochés. De mémoire, je n’ai jamais observé des décrochés de FC sur aucune montre auparavant. Je pense que d’habitude, les marques opèrent un lissage et tracent simplement un trait entre 2 points pour boucher les trous. Ici, la Suunto 3 Fitness ne le fait pas. On peut l’observer en direct à l’écran pendant une séance, où le champ de fréquence cardiaque affiche parfois « — ».

Suunto 3 Fitness décrochage cardioSur une autre séance programmée comme facile, donc régulière et à faible intensité, on peut dire que la précision du capteur cardio optique est quasiment parfaite pendant plus d’une heure.

Suunto 3 Fitness capteur cardio optiqueMême sur une séance un peu plus relevée, le suivi de fréquence cardiaque est suffisamment précis pour qu’on puisse conduire un entrainement au cardio dans de bonnes conditions. Les erreurs sont vraiment minimes et n’induisent que peu d’erreurs de zone cardio (sauf 1 pic juste avant la 40e minute, rapidement corrigé). Les incohérences relevées en début de run sont finalement assez peu gênantes car elles ont lieu lors de l’échauffement.

Suunto 3 Fitness variation cardioLors de la séance suivante avec des côtes et de plus fortes variations d’allure, même si l’allure générale est bonne, on commence à trouver des erreurs qui vont avoir un impact sur la définition de la zone cardio. Le plus étonnant sur cette séance, c’est que le suivi de FC est bon dans le cœur de séance mais dévie franchement durant l’échauffement et le retour au calme.

Suunto 3 Fitness précision cardioEnfin, je ne sais quoi dire sur la précision du capteur de fréquence cardiaque à vélo. De manière générale, toutes les montres cardio GPS que j’ai testées ces dernières années ont vraiment du mal à être précises à vélo. Mais là, on a affaire à un genre de Janus : relativement précis sur la première heure et catastrophique sur la deuxième. Je renouvelle donc mon conseil de s’équiper d’une ceinture ou d’un brassard cardio (Bluetooth) si vous voulez pouvoir exploiter l’assistance à l’entrainement cardio sur des séances de vélo.

Suunto 3 Fitness précision cardio véloPour ce qui est de la précision GPS, je vais aller très vite, puisqu’elle dépend de 2 facteurs indépendants de la Suunto 3 Fitness :

  • Le modèle de téléphone
  • Le positionnement du téléphone

Dans mon cas, il s’agit d’un iPhone 6S que j’ai porté dans une ceinture ventrale. La position pour recevoir le signal des satellites GPS est donc loin d’être optimal et ça se ressent sur la précision de la trace GPS (ici en forêt).

Suunto 3 Fitness trace GPSMême si l’altitude ne peut pas être affichée en direct à l’écran, elle est quand même enregistrée au travers des données GPS. Elle peut donc être visualisée à posteriori sur l’application.

Suunto 3 Fitness altimètre

 

Tracker d’activitéSuunto 3 Fitness tracker activité

En 2018, quasiment n’importe quelle montre connectée est capable de mesurer le nombre de pas, les calories brûlées, la fréquence cardiaque (instantanée et au repos) et le sommeil. C’est désormais la base. La Suunto 3 Fitness fait tout ça, mais ne fait pas grand-chose de plus.

La présentation des données est quand même bien faite, avec des données chiffrées de la journée en cours, des graphiques sur le s7 dernièers jours et le détail jour par jour.

La limite, c’est que ces données de suivi d’activité quotidienne mesurées par la Suunto 3 Fitness ne sont conservées dans l’appli Suunto que sur 4 semaines. Prenez le nombre de pas par exemple. Elle est enregistrée quotidiennement et on peut visualiser un historique sur 7 jours directement sur la montre. Mais on ne peut pas visualiser dans l’appli un historique sur 12 mois. Je dis pas que c’est super important de voir l’évolution du nombre de pas quotidiens sur une aussi longue période, mais ça peut être intéressant pour la fréquence cardiaque au repos.

Du coup, ça manque de possibilités d’analyse long terme pour essayer de visualiser une progression ou rechercher des corrélations.

 

Montre connectéeSuunto 3 Fitness montre connectée

La Suunto 3 Fitness peut se parer de différentes watchfaces, mais le choix est limité à 7, pas une de plus. La couleur peut être personnalisée, ainsi que quelques données d’affichages comme le nombre de pas, le pourcentage de batterie, un 2e fuseau horaire, les heures de lever et coucher du soleil, etc.

Elle reçoit toutes les smart notifications issues d’un smartphone, qu’elles soient natives (SMS, email, calendrier) ou générées par des applications tierces (Facebook, Instagram, WhatsApp, etc). Et c’est super réactif, l’affichage étant systématiquement plus rapide que sur la Forerunner 645 que j’ai porté en même temps durant tout ce test. Les 20 dernières peuvent être consultées dans le centre de notifications accessible en 2 clics depuis l’écran d’heure. On peut lire une bonne partie du message en consultant les détails d’une notification, mais les très longs messages seront tronqués.

C’est tout, il ne faudra pas chercher à ajouter des applications, consulter la météo ou écouter de la musique, c’est tout simplement impossible.

 

La nouvelle Suunto AppSuunto App

Avec la Suunto 3 Fitness, Suunto a sorti une nouvelle application qui permet de synchroniser les nouvelles fonctionnalités d’entrainement.

Ce n’est pas la remplaçante de Movescount. Elle ne synchronise pas les activités avec Strava. C’est juste une nouvelle application dérivée de SportTracker. Les Spartan sont compatibles avec la nouvelle Suunto App, mais la Suunto 3 Fitness n’est pas compatible avec Movecount.

La nouvelle application donne un coup de jeune à la plateforme de visualisation des données de Suunto. On retrouve en premier lieu un résumé des activités quotidiennes avec en-dessous un fil d’actualité listant les différentes séances d’entrainement réalisées avec la Suuunto 3 Fitness. Ca ressemble beaucoup à d’autres applications comme celle de Garmin ou Fitbit.

On trouve ensuite un onglet calendrier avec les données d’activité quotidienne (nombre de pas, calories dépensées et suivi du sommeil). L’onglet suivant permet d’afficher les heatmaps (ce n’était pas possible sur Movescount) pour explorer n’importe quelle zone géographique à la recherche d’itinéraires utilisés par d’autres Suuntoïstes. Notez quand même qu’on ne peut pas synchroniser un itinéraire vers la montre directement depuis l’appli.

On trouve pour chaque activité enregistrée à peu près les mêmes données que dans Movecount, avec une vue de la trace sur une carte, des stats chiffrées, des graphiques, des stats pour chaque tour. Le petit truc en plus que j’aime bien, c’est qu’elle détecte des activités effectuées sur des itinéraires similaires. Dans ce cas, vous pouvez voir l’évolution de l’allure moyenne et de la FC moyenne sur le parcours. Un façon de mesurer vos progrès.

Pour consulter vos données depuis un ordinateur, c’est à Sports Tracker qu’il faudra se connecter (pour pouvoir exporter vos sorties en GPX par exemple). C’est un peu bizarre mais c’est une logique de groupe. Suunto est une filiale d’Amer Sports, propriétaire entre autres de Salomon, Suunto, Atomic, Wilson Sporting Goods, Arc’teryx, et… Sports Tracker. Donc lorsqu’il a été question de développer une nouvelle application pour Suunto, il a été jugé probablement plus simple de s’appuyer sur Sports Tracker que de chambouler Movescount.

 

ConclusionSuunto 3 Fitness stress ressources

Ce qui est sûr, c’est que cette Suunto 3 Fitness est pour le moins originale. Attractive de par ses nouvelles fonctionnalités et repoussante de par l’absence de GPS. Si elle avait été dotée d’un GPS, elle aurait clairement été en mesure de rivaliser avec la plupart des Forerunner. Mais sans GPS, j’imagine bien que la majorité des gens vont hésiter.

Le concept de l’assistance évolutive pour l’entrainement est prometteur, facile à suivre avec des aides visuelles et des alertes efficaces. C’est appréciable de pouvoir consulter sa semaine d’entrainement directement sur la montre. Mais c’est quand même dommage de ne pas pouvoir entrer quelques paramètres dans l’algorithme (comme par exemple pour la préparation d’une course à une date donnée). C’est donc plus destiné à une préparation physique générale sur du long terme qu’à une préparation spécifique pour un rendez-vous.

La Suunto 3 Fitness se destine plutôt aux sportifs débutants, pour qui un simple bracelet tracker d’activité n’est pas suffisant parce qu’ils cherchent à progresser mais ne sont pas capables de construire seuls un plan d’entrainement et qui n’ont pas envie de dépenser 500€ dans une montre de sport plus complexe.

C’est à mon avis une montre parfaite pour tous ceux qui cherchent à se (re)mettre au sport.

Le gros avantage, c’est que ce n’est pas un carcan rigide mais plutôt un guide. La montre donne des conseils pour structurer un programme d’entrainement au bon niveau, mais nous laisse libre de faire le sport qu’on veut quand on veut et comme on veut. Ce n’est pas au sportif de s’adapter à la montre mais bien la montre qui s’adapte au sportif. Et ça, c’est primordial.

J’ai régulièrement critiqué les montres qui mesurent de plus en plus de données sans les exploiter. Là, la Suunto 3 Fitness exploite le VO2max et vos données d’activité pour proposer quelque chose de compréhensible et d’utile au sportif qui cherche à améliorer ses performances. Mais je pense que l’ensemble manque encore de profondeur pour les sportifs expérimentés.

 

Vous avez trouvé ce test utile ? Vous souhaitez acheter une Suunto 3 Fitness ?

J’espère que vous avez trouvé cet article utile. Je suis un sportif comme vous qui cherche à avoir le plus de détails possibles avant d’acheter un nouveau matériel de sport. Je passe généralement plusieurs heures pour faire ces tests, c’est pas mal de boulot.

Si vous êtes intéressé par l’achat d’une Suunto 3 Fitness et que vous passez par un des liens ci-dessous, je toucherai une commission sur votre commande, ce qui contribuera à l’avenir de ce blog (et je vous en remercie).

Si vous avez encore des questions, n’hésitez pas à les poser dans un commentaire. Je prendrai le temps d’y répondre.

Suunto 3 Fitness Black199€Bouton commander i-run
Suunto 3 Fitness Ocean199€Bouton commander i-run
Suunto 3 Fitness Sakura199€Bouton commander i-run
Suunto 3 Fitness Gold229€Bouton commander i-run
Suunto 3 Fitness All Black229€Bouton commander i-run
Ceinture cardio Suunto80€Bouton commander i-run

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.