Test Casio ProTrek Smart WSD-F30 : montre connectée outdoor

Test Protrek Smart WSD-F30

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Contrairement à Samsung, Casio n’a pas changé le plan de nommage de ses montres GPS. La ‘petite’ dernière sort donc avec le même genre de nom à coucher dehors que toutes les autres, dont personne ne comprend la signification : WSD-F30. C’est la 3e évolution des montres connectées outdoor de Casio (la série Protrek Smart) tournant sous Wear OS (anciennement Android Wear), annoncée lors du salon IFA 2018. Oui oui, vous avez bien lu : annoncée en septembre 2018, sortie en janvier 2019.

Du côté des fonctionnalités, il y a assez peu de nouveauté : on retrouve la carto offline et l’écran à double couche couleur/N&B, avec une promesse d’amélioration de l’autonomie (sans qu’elle soit équipée de la dernière puce Qualcomm Snapdragon si économe en énergie, dommage). En revanche, il y a du nouveau avec la dernière mise à jour 2.2 de Wear OS.

Mais attention, la cartographie embarquée ne fait pas pour autant de la Casio ProTrek Smart WSD-F30 une concurrente de la Fenix 5 Plus. Les capacités sportives n’ont rien à voir. C’est une montre connectée pour l’outdoor, la randonnée, mais pas une machine de guerre pour sportif cherchant un chrono sur Ironman ou marathon.

Présentation de la Casio ProTrek Smart WSD-F30

Elle remplace : WSD-F20

Au-dessus dans la gamme : aucune

En-dessous dans la gamme : aucune

La WSD-F30 est légèrement plus petite que la WSD-F20 : 54mm de diamètre (contre 58mm), avec une épaisseur de 15mm. A titre de comparaison, c’est encore plus gros que la Fenix 5X Plus, la plus grosse de la série des Fenix 5 Plus, qui mesure 51mm et la Suunto 9 qui fait 50mm. Donc oui, c’est une grosse montre.

Malgré ses mensurations, elle ne pèse que 83g, soit 13g de moins que la Fenix 5X Plus, mais 2g de plus que la Suunto 9. C’est donc pas un énorme poids mort qui ballote au poignet. Le confort au poignet est d’ailleurs amélioré par le système de montage du bracelet, qui épouse mieux l’arrondi du poignet (en tout cas sur mon poignet).

Casio a certes affiné le bracelet (ce n’est pas une mauvaise chose), mais n’a toujours pas changé la matière. C’est un plastique relativement rigide qui fait regretter les bracelets en silicone qu’on trouve sur toutes les autres montres GPS de sport depuis plusieurs années. Franchement, je ne sais pas comment Casio n’a pas eu de retours utilisateur sur ce point. Niveau confort, ça fait plus bracelet électronique de taulard que montre connectée sport. Au pire, il est démontable sans outils, grâce à une tirette. Ca c’est la théorie, parce que moi, même avec un peu d’ongles, j’ai été obligé de me munir d’une clé (parce que c’est ce que j’avais sous la main, mais la pointe d’un couteau aurait convenu également). Sans ça, impossible d’atteindre la tirette pour tirer dessus et libérer le bracelet.

Elle est disponible en 3 versions, du classique au plus flashy :

Ce qui distingue la Casio Protrek Smart des autres montres GPS, c’est qu’elle embarque 2 écrans. Ou plutôt un écran double-couche. Il y a un écran OLED couleur superposé à un écran LCD noir & blanc. L’idée est de pouvoir basculer de l’un à l’autre en fonction de l’autonomie et du niveau de fonctionnalités connectées recherchées.

L’écran fait 30mm de diamètre, pareil que sur les Fenix 5 Plus. Mais par contre le niveau de résolution est incomparable : 390×390 pixels. L’écran à 240×240 des Fenix 5 Plus fait figure de vieillerie pixelisée en comparaison. Ca donne un rendu impeccable aussi bien sur les watchfaces que sur les cartes.

L’interface se fait soit par l’écran tactile (qui fonctionne sur la couche couleur comme sur la couche N&B), soit par 3 boutons sur le côté droit. La WSD-F30 a reçu la mise à jour Wear OS 2.2, qui améliore l’interface (mais pas que) :

  • Un glissé vers le haut affiche les notifications ; on peut cliquer dessus pour lire un message en entier en faisant défiler les écrans
  • Un glissé vers le bas dévoile le panneau de configuration
  • Un glissé vers la gauche ouvre Google Fit
  • Un glissé vers la droite ouvre le Google Assistant, dont le but est de vous faciliter la vie

Les boutons marquent l’orientation plus outdoor que les autres montres connectées sous Wear OS :

  • Celui du haut affiche directement la carte
  • Celui du bas affiche les outils outdoor de Casio : boussole, altimètre, baromètre, heures du soleil, marée
  • Le central ouvre la galerie d’applications et sert également de bouton Retour

Vous comprenez donc que tout n’est pas faisable à partir de ces 3 boutons et que l’utilisation de l’écran tactile est parfois obligatoire (ce qui posera problème l’hiver, avec des gants).

La Protrek Smart WSD-F30 est étanche à 50m mais répond également à la norme de robustesse MIL-STD-810 de l’armée américaine (plus de détail dans le paragraphe spécifique ci-dessous).

Du côté gauche, se trouve l’emplacement pour le connecteur aimanté qui sert à recharger la batterie. Malheureusement, c’est le même système que sur la version précédente. La force de l’aimant n’est pas suffisante pour garantir qu’il ne se déconnectera pas. Parfois, il suffit juste de mal poser la montre pour que le connecteur se détache. Et du coup, la recharge ne se fait pas. Pour une montre outdoor, j’aurais préféré quelque chose de plus fiable. Et là encore, je ne peux pas croire que ce problème n’a pas été remonté par les utilisateurs. Sur la face avant une petite LED rouge indique la charge et passe au vert lorsqu’elle atteint 100%.

On trouve la panoplie classique de capteurs d’une montre GPS outdoor : puce GPS/GLONASS/Michibiki (le système de géopositionnement japonais), baromètre, altimètre barométrique, boussole. Il y a 2 modes de fonctionnement du GPS : GPS de la montre ou GPS de la montre + du téléphone. La 2e option permet d’économiser de la batterie en utilisant le GPS du téléphone, étant donné que la liaison Bluetooth consomme moins que la puce GPS.

Mais pas de capteur cardio optique. Il n’est pas non plus possible de connecter une ceinture cardio, même en Bluetooth. Je vous avais dit que ce n’était pas une montre pour le sport, rien à voir avec tout ce qu’on trouve pour l’entrainement sur une Fenix 5 Plus.

On ajoute à ça les connexions nécessaires à une montre connectée : Bluetooth et Wifi. Notez qu’on ne peut pas connecter la montre à un ordinateur avec le câble USB pour le transfert des données. Tout se fait sans fil via l’application Wear OS, il n’y a pas d’alternative, ni solution de secours.

On trouve enfin un moteur pour les alertes par vibrations et un micro pour les commandes vocales à l’assistant virtuel de Google.

En termes d’autonomie, il n’y a pas vraiment eu d’amélioration. C’est assez compliqué en fait, car il y a 3 modes de fonctionnement différents :

  • Mode normal (montre connectée) : Casio annonce 1,5 jours, c’est ce que j’ai noté en usage normal (2 jours et 1 nuit quoi). Dans ce mode, l’écran couleur n’est pas activé en permanence. Mais l’écran n’est pas pour autant éteint comme sur bon nombre de montres connectées. C’est l’écran N&B qui est activé en permanence, affichant l’heure, la date et le pourcentage de batterie. L’écran couleur n’est activé que sur commande et pendant 10 secondes. Si ça ne vous convient pas, vous pouvez rendre l’écran actif en permanence, mais l’autonomie va en pâtir, même si vous réglez la luminosité au minimum.
  • Mode étendu (WE rando) : c’est un nouveau mode que Casio a développé spécialement pour la WSD-F30. C’est un mode qui permet 3 jours d’autonomie avec 8h d’enregistrement GPS par jour. Présenté comme ça, ça a l’air alléchant. Mais attention, la fréquence d’enregistrement GPS ne peut être réglée que sur 1, 6 ou 10 minutes. Ca limite grandement la liste des activités adaptées à ce mode d’utilisation.
  • Mode appareil horaire multiple (ça veut rien dire, mais en gros, c’est une montre simple, pas connectée) : l’autonomie grimpe alors à 1 mois, mais il faut abandonner les fonctionnalités connectées. Il y a 2 watchfaces, une pour activité quotidienne et une pour l’outdoor. La watchface outdoor est intéressante, puisqu’elle affiche l’heure, mais aussi le nord, l’altitude et la pression atmosphérique. En gros, c’est une Protrek classique. Ca peut vous sauver la vie lorsque la batterie atteint 5% et que vous voudriez encore tenir plusieurs heures…

Globalement, c’est bien appréciable d’avoir quelques infos supplémentaires sur la watchface N&B (plutôt qu’un écran noir), mais vu la taille de la montre, on aurait pu espérer plus, avec une plus grosse batterie (la Galaxy Watch tient bien jusqu’à 4 jours).

En enregistrement GPS pour une activité sportive, il y a 2 niveaux d’autonomie :

  • Priorité précision : 7-8h
  • Priorité batterie : 18h

Attention, le temps de charge est assez long, il faut bien 3h pour recharger complètement la batterie. Ca parait interminable. Du coup, gardez-le à l’esprit si vous aviez l’intention de recharger la montre avec un petit panneau solaire en fin de journée de randonnée.

On peut accéder aux cartes lorsque la montre est connectée à un smartphone ou directement à un réseau Wifi. Mais on peut aussi télécharger des cartes dans la mémoire interne, en vue d’y accéder plus tard hors connexion. Et ça, c’est son plus gros point fort, puisque les montres GPS avec cartographie sont encore rares. Voir le paragraphe outdoor pour plus de détail quant à l’utilisation.

Casio a enfin fait une avancée sur le domaine de la navigation. On peut maintenant pointer un endroit sur la carte pour s’y rendre. Mais c’est hyper limité et on est encore loin du suivi d’itinéraire qu’on trouve depuis des années sur les autres montres GPS outdoor. Voir le paragraphe outdoor aussi.

En plus des applications disponibles en téléchargement sur le Google Play store, on trouve 5 applications Casio spécifiques à la gamme des Protrek Smart :

  • Location memory permet d’afficher la position actuelle mais aussi d’enregistrer des points tout au long de la journée
  • Activité regroupe les 5 profils pour l’enregistrement des activités
  • Moment setter sert à activer différents objectifs (dénivelé, distance, etc)
  • Outil, comme son nom l’indique, rassemble les outils outdoor (boussole, altimètre, baromètre, heures de lever et coucher du soleil, détails des marées
  • Moment link est utile pour partager ses informations de localisation

La liste de profils sportifs de base est assez limitée :

  • Randonnée
  • Pèche
  • Cyclisme
  • Pagaie (sport de rames genre canoë)
  • Ski

C’est un panachage surprenant et un peu limité à mon goût. On peut ajouter Strava en le téléchargeant gratuitement sur le Play store ou alors utiliser les profils sportifs de Google Fit.

La ProTrek Smart intègre également le suivi d’un nombre limité de statistiques d’activité quotidienne (nombre de pas, minutes actives et calories). Pas de cardio ni de suivi du sommeil.

Par contre, les fonctionnalités connectées sont bien présentes, bien implémentées et agréables à utiliser. Wear OS offre plein de possibilité et tout est fluide avec l’écran tactile. Les possibilités offertes sont forcément plus limitées avec un iPhone (mon cas) qu’avec un smartphone Android :

  • Pas de réponse aux SMS
  • Pas d’envoi d’email
  • Pas d’appels téléphoniques

Chose assez rare sur les montres connectées, on peut éteindre la montre ! Youpi !

La norme MIL-STD-810

Il s’agit d’une norme de l’armée américaine pour garantir la robustesse de l’équipement de ses soldats. Elle consiste en une batterie de tests qui vont bien au-delà de la simple étanchéité.

Dans les faits, ce n’est pas l’armée américaine qui a testé la montre. Casio a simplement reproduit les tests tels qu’ils sont décrits dans la norme. Ca inclut :

  • Chocs
  • Vibrations
  • Humidité
  • Basse pression
  • Haute et basse température
  • Choc thermique
  • Accumulation de glace

Casio reste quand même prudent et précise sur son site que « Les fonctions de cette montre ont été vérifiées dans des conditions de test, et son fonctionnement n’est pas garanti pour une utilisation réelle dans ces conditions. Non garanti contre les dommages ou les accidents. »

C’était presque parfait. Cette norme, c’est la garantie que la ProTrek smart est plus robuste qu’une Fenix 5 Plus. Mais il y a ces 2 lignes à la fin qui cassent tout. Je trouve ça dommage, ça casse selon moi le message implicite de ‘montre indestructible’.

Cartographie et navigation

On peut visualiser des cartes Mapbox ou Google Maps. J’ai trouvé les premières plus complètes pour une utilisation en randonnée, surtout avec l’habillage ‘extérieur’ (ça affiche notamment les courbes de niveau).

On peut afficher 5 versions de carte Mapbox :

  • Rue (ça ressemble à ce qu’affiche un GPS de voiture)
  • Extérieur (une version avec plus d’informations pour se déplacer à pied, notamment plus de chemins et les courbes de niveau)
  • Satellite (photo aérienne)
  • Lumière (une carte qui affiche les routes sur un fond blanc)
  • Ombre (les routes sur un fond gris)

Google Maps n’offre que 3 choix :

  • Maps (la carte de base, équivalente à la carte Rue de Mapbox)
  • Relief (les reliefs sont mis en évidence par des ombres)
  • Satellite (photo aérienne)

On peut consulter les cartes de 3 manières :

  • Via le Wifi (online)
  • Via le Bluetooth et la connexion d’un smarpthone (online)
  • En les téléchargeant dans la mémoire de la montre (offline)

La dernière option permet de s’affranchir de connexion et de pouvoir consulter la carte à n’importe quel moment, mais en cas de perte de connexion.

A l’achat, il n’y a aucune carte en mémoire, il faut les télécharger soi-même. Mais attention, il y a 2 limites, par rapport à la cartographie offerte par les Fenix 5 Plus :

  • Quand je parle de télécharger les cartes, je ne parle pas de cartes qui couvrent toute la France. Il s’agit d’une zone d’environ 40km de diamètre. OK, suffisant pour la plupart des activités en étoile (1 carte autour de votre domicile, 1 autour de chacun de vos lieux de vacances). Mais ça limite l’usage pour un long trek genre traverser la France du nord des Vosges au sud des Alpes. Vous allez me dire : qui fait ça ? Ben moi par exemple.
  • On ne peut enregistrer que 5 cartes (5 zones, ou 5 habillages différents pour 1 zone) en mémoire. Dommage… Franchement, actuellement, la mémoire, ça coûte que dalle ! Je ne sais pas ce qui impose cette limite

La manipulation des cartes se fait le plus simplement du monde. On se déplace en faisant glisser le doigt sur l’écran tactile. On peut zoomer/dézoomer en pinçant ou écartant avec 2 doigts, mais c’est pas super pratique car l’écran est assez petit. J’ai préféré utiliser les boutons pour ça (bouton du haut pour zoomer, du bas pour dézoomer.

Pour une montre GPS qui se revendique outdoor, je trouve qu’elle manque toujours cruellement d’outils pour la navigation. Casio a annoncé une avancée sous la forme d’une navigation vers un point. Dans la pratique, c’est pas super bien implémenté.

Disons que vous partez en rando et avez besoin d’une aide pour trouver votre destination. On peut pointer un endroit sur la carte, c’est facile. Sauf qu’il faut ensuite pointer le point de départ. Vous croyez pas qu’il aurait été suffisant d’utiliser la position actuelle comme point de départ ? Une fois fait, 2 éléments s’ajoutent sur la carte : un trait qui relie le point de départ et le point d’arrivée et la distance restante (à vol d’oiseau). Mais il n’y a pas d’écran de guidage (on peut quand même retrouver la direction à suivre affichée sur l’écran de la boussole). Bref, c’est pas super facile à utiliser en fait. Car le trait en pointillé, c’est du tout droit, qui ne tient pas compte des chemins ni du relief. Il faut ensuite chercher un itinéraire et le suivre. Mais en fait, avec la carto, même sans le trait en pointillé, on aurait tout aussi bien pu chercher l’itinéraire… On ne peut pas non plus enchainer plusieurs waypoints sur 1 seule activité de navigation.

Dans les paramètres de la carte, on peut activer une « indication de la direction ». Mais ce n’est pas l’indication de la direction à suivre, c’est juste la possibilité d’afficher la direction dans laquelle on pointe la montre.

La meilleure solution, mais qui n’est disponible qu’aux utilisateurs de téléphones Android (et donc que je n’ai pas pu tester avec mon iPhone), c’est de télécharger l’application Viewranger, qui permettra de faire du suivi d’itinéraire tracé à l’avance et téléchargé dans la montre.

Location memory permet d’enregistrer des points sur la carte pour les retrouver ensuite, de les repérer avec différents icônes et même d’y associer un mémo vocal.

Utilisation en outdoor

Pour commencer, tout est étalonnable :

  • Déclinaison magnétique de la boussole
  • Altimètre (étalonnage manuel et automatique par GPS)
  • Pression atmosphérique

Ensuite, on accède à différents widgets outdoor à partir du bouton du bas :

  • Boussole : affiche la direction du nord et le cap (en degrés), plus les coordonnées de la position (en degrés minutes).
  • Altimètre : affiche l’altitude et l’heure, et sur un 2e écran le graphique d’altitude des 24 dernières heures avec le max et le min.
  • Baromètre : affiche la pression atmosphérique, la tendance météo (plutôt soleil ou mauvais temps) et l’heure, ainsi qu’un graphique de pression sur les 24 dernières heures sur le 2e écran avec max et min.
  • Ensoleillement : affiche les heures de lever et coucher du soleil, les heures de première et dernière lumière, ainsi que les positions sur la boussole où se lèvera et se couchera le soleil sur le 2e écran (pratique pour tourner la porte de la tente du bon côté pour profiter du lever de soleil au petit matin).
  • Marée : affiche un graphique avec les hauteurs max et min. Attention, il faut choisir un port dans les paramètres, votre position GPS n’est pas utilisée pour sélectionner le port le plus proche. C’est un peu dommage.

Le gros plus de la Casio Protrek Smart WSD-F30, c’est la cartographie au poignet. Et l’écran tactile rend son utilisation bien plus triviale que l’interface à 3 boutons des Fenix 5 Plus. Autre point de satisfaction, l’écran avec une résolution bien meilleure, mais qui aurait pu être plus grand.

Il y a 2 façons d’utiliser les cartes : soit en mode connecté, soit en mode hors ligne. En mode connecté, les cartes sont transférées au fur et à mesure du téléphone à la montre. Ca nécessite donc d’avoir du réseau. Mais une fois transférées et affichées à l’écran, les cartes sont conservées en cache, ça veut dire qu’elles restent visibles sur la montre même si votre téléphone ne capte pas pendant quelques minutes. En mode offline, aucun souci à se faire, la carte est téléchargée dans la mémoire de la montre et accessible à n’importe quel moment. Mais il faut avoir pensé à télécharger la carte de la zone avant de partir. Quand on télécharge une carte, elle couvre une zone d’environ 40km de diamètre. Ca veut dire que ça ne suffira pas pour faire du trekking.

L’application Moment setter permet de configurer différentes alertes automatiques, par exemple :

  • Afficher la carte ou le graphique d’altitude tous les 200m de d+
  • Afficher l’altitude ou le graphique d’altitude tous les 1km
  • Afficher l’altitude ou le graphique d’altitude lorsqu’on s’arrête
  • Afficher le graphique de pression lorsque la pression atmosphérique chute de 1hPa
  • Afficher l’heure de coucher de Soleil 1h avant
  • Afficher une alerte « faites une pause » au bout d’un certain nombre de pas, de distance ou de dénivelé
  • Afficher une alerte « mangez et buvez » à chaque fois que vous avez consommé un certain nombre de calories

Quand on est habitué aux montres GPS outdoor de Garmin et Suunto, c’est difficile de se contenter de ce qu’offre Casio. Non seulement le nombre de profils est très restreint, mais en plus, on ne peut rien personnaliser. Ca serait pas trop grave si les écrans de base étaient bien pensés, mais on ne peut pas vraiment dire que ce soit le cas.

Sur le profil de randonnée, l’écran principal affiche l’heure, la vitesse, la durée et un objectif de dénivelé. Alors OK, on peut personnaliser l’objectif de dénivelé (2000m par défaut), mais franchement, qui affiche un objectif de dénivelé sur un profil de rando ? Ils auraient pas pu afficher le dénivelé effectué ou l’altitude à la place ? Ou la distance, tout simplement ? On trouve ces infos sur le 2e écran : D+ et vitesse ascensionnelle, D- et vitesse de descente, distance.

Sinon, lorsque l’écran bascule en N&B (automatiquement), il affiche la durée, l’heure et l’altitude. C’est quand même bizarre d’afficher l’altitude sur l’écran principal N&B mais pas sur l’écran principal en mode couleur.

Pour avoir suffisamment de batterie pour faire un WE de randonnée, il faudrait utiliser le nouveau mode étendu. Mais là encore, l’implémentation est… particulière. Sur n’importe quelle montre GPS d’une autre marque, on aurait paramétré l’enregistrement GPS toutes les 60s au lieu de 1s et voilà. Là, c’est plus compliqué. Et il faut comprendre la logique.

En fait, il faut créer un plan. On commence par les réglages :

  • Télécharger la carte pour l’avoir en mode hors ligne
  • Régler l’intervalle d’enregistrement GPS : 1, 6, 10 minutes
  • Choisir le mode d’étalonnage de l’altitude : manuel ou automatique
  • Créer un projet (je vous explique juste après)

Créer un projet, c’est programmer l’emploi du temps de votre sortie :

  • Heure de départ (par exemple le 15 janvier à 9h)
  • Heure de pause (par exemple le 15 janvier à 18h)
  • Heure de reprise (par exemple le 16 janvier à 9h)

Je comprends l’idée derrière ça, c’est de programmer les plages d’enregistrement GPS pour ne plus avoir à s’en occuper après (et surtout ne pas oublier de l’éteindre le soir du premier jour ou de le rallumer le matin du second). Mais bon, c’est quand même hyper rigide comme système de fonctionnement. Déjà, c’est limité à une sortie de 2 jours. Un ou trois, ce n’est pas possible. Enfin si, mais il faut faire une modif en cours de route, on ne peut pas tout programmer d’une traite. Ensuite, faut être balèze (ou alors bien connaître le parcours) pour prédire l’heure d’arrivée. Pis faut ni être en avance ni être à la bourre le matin du 2e jour…

En fait, c’est en l’expérimentant qu’on comprend mieux l’utilisation pour laquelle ce mode étendu est prévu. Dans ce mode, on peut basculer entre 2 affichages :

  • N&B : durée, heure, altitude
  • Couleur : carte avec position

Et voilà ! En fait, c’est un mode pour chercher son chemin à l’aide de la carte, pas pour enregistrer distance, vitesse ou d’autres statistiques.

Dernière bizarrerie de ce mode étendu, lors de la pause du soir (du 15 janvier 18h au 19 janvier 9h dans mon exemple), la montre éteint Wear OS et bascule en mode montre simple. Et là, horreur ! On ne peut plus rien faire !!! L’écran affiche la date, l’heure et l’horaire de reprise du mode étendu (le 16 à 9h). On n’a plus accès à la carte, ni les applications, ni même la boussole… On est obligé de faire un appui long sur le bouton du milieu pour redémarrer Wear OS sur la montre.

Une fois la sortie terminée, on peut exporter les données dans un fichier KML. GPX ? Non, KML, jamais entendu parler. Bougez pas, j’ai été chercher pour vous : il s’agit de fichiers de balises géolocales que l’on peut ouvrir avec des logiciels particuliers (dont Google Earth). Ca permet de voir dans quel coin on est passé, mais pas d’enregistrer des statistiques sur l’activité.

En fait, j’ai l’impression que ce mode étendu est plus adapté au chasseur américain connecté qui va chasser le cerf dans la pampa (genre Seul face à l’Alaska) qu’au randonneur qui veut suivre son parcours avec précision et connaître la distance parcourue à la fin.

Je ne sais pas quel ingénieur fou est arrivé à concevoir le fonctionnement de ce mode étendu, mais c’est quand même pas très fonctionnel.

Utilisation en sport

Je l’ai déjà dit, ce n’est pas une concurrente de Fenix 5 Plus. Il y a beaucoup, beaucoup moins de fonctionnalités pour le sport. Et rien pour améliorer ses performances.

Pour commencer, il n’y a pas beaucoup de profil d’activité :

  • Randonnée
  • Pèche
  • Cyclisme
  • Pagaie (sport de rames genre canoë)
  • Ski

Pas de course à pied, ni de trail, par exemple. D’ailleurs, c’est bizarre de trouver la course à pied dans le suivi de l’activité quotidienne mais pas dans les profils sportifs.

Dans chaque profil sportif, on peut accéder à l’historique des enregistrements. On y trouve quelques statistiques, ainsi que la carte du parcours.

On peut néanmoins télécharger des applications complémentaires, comme Strava ou MapMyRun, pour pallier les manques. Strava permet d’avoir 1 profil course à pied et 1 profil vélo. Mais son implémentation est assez basique : 4 écrans de 2 données, dont celle du bas est toujours le chrono (pour les autres : distance, allure, temps au tour, FC). Et rien de personnalisable.

Mais il existe depuis la dernière mise à jour Wear OS une 3e façon d’enregistrer des activités sportives : Google Fit !  Et là, on a accès à plus de profils sportifs :

  • Marche à pied, marche avec poussette, randonnée
  • Course à pied, tapis de course
  • Vélo, VTT, home trainer
  • Musculation, corde à sauter, crossfit
  • Aérobic
  • Aviron, canoë-kayak, stand up paddle
  • Badminton
  • Baseball, basketball, beach volley, football
  • Kitesurf
  • Ski, ski de randonnée, snowboard, snowkite

Bon, j’arrête là, mais il doit bien y en avoir une centaine. Mais il n’y a rien pour la natation, même en piscine.

Chaque fois qu’on utilise un profil sportif, il vient se placer en début de liste, histoire de pouvoir retrouver facilement vos sports préférés. Sinon, ils sont classés par ordre alphabétique (hé oui, vélo, c’est tout à la fin).

Le seul hic avec ces profils sportifs, c’est qu’on ne peut rien configurer. On peut juste personnaliser la taille des chiffres (grands ou petits). Avec le profil course à pied, par exemple, l’écran principal affiche le chrono, la distance et l’allure. Sachant que la montre est dépourvue de capteur cardio, c’est ce que j’aurais configuré (bon point). Si on fait défiler l’écran, on peut ensuite voir les calories et les points cardio (pas super utile de voir ça en direct). C’est tout. Pas de dénivelé, par de carte, pas de tours manuels ou automatiques.

C’est limité mais bon, au moins, c’est un bon différenciateur avec les autres montres GPS orientées sport.

Suivi d’activité quotidienne

Par défaut, le suivi d’activité quotidienne n’est pas activé. Pour activer le widget, il faut aller dans les paramètres des outils outdoor Casio. Si c’est pas encore un coup de l’ingénieur tordu ça…

L’écran est constitué de 4 cercles concentriques qui représentent le tour du cadran (24h). Ensuite, les plages d’activités vont apparaître en couleur sur le cercle correspondant à l’activité. Il y a 4 activités qui peuvent être détectées : course à pied, vélo, marche à pied et… utilisation d’un véhicule. Sérieux, qui achète une montre GPS outdoor pour mesurer le temps qu’il passe à conduire une voiture ? Cela dit, ça fonctionne plutôt bien (même la détection du temps passé en voiture).

Sinon, l’autre façon de visualiser des statistiques de santé, c’est le widget Google Fit, accessible directement par un glissé vers la gauche. Google Fit est également intégré dans un bandeau sur l’application Wear OS. Google a développé ses propres algorithmes avec Heart Association et l’Organisation mondiale de la santé pour comptabiliser des points cardio et des points mouvement. C’est assez limité, d’autant qu’il n’y a pas de suivi du sommeil.

Avec le widget Google Fit, on trouve aussi un guide pour des exercices de respiration de 2 minutes. Une petite vibration indique les passages de l’inspiration à l’expiration. On ne peut pas changer la durée.

Montre connectée

La Casio WSD-F30 reçoit toutes les smart notifications (SMS, emails, Facebook, WhatsApp, appels entrants, SNCF, etc), même plus rapidement que la Garmin que j’ai portée en même temps à l’autre poignet. On peut définir dans l’application Wear OS quelles notifications on veut recevoir et lesquelles on veut bloquer.

Les vibrations sont assez faibles. Mais on peut définir 3 modes de vibration (normal, long, double). Du coup, j’ai utilisé le mode vibration double pour être averti des notifications.

Le panneau de configuration a été enrichi avec la dernière version de Wear OS. Il n’est pas personnalisable, à l’instar de ce que j’avais apprécié sur la Galaxy Watch. Sur la WSD-F30, on peut :

  • régler la luminosité
  • activer l’économiseur de batterie
  • faire sonner son téléphone pour le retrouver
  • éteindre l’écran
  • activer le mode ne pas déranger
  • activer le mode avion
  • accéder aux paramètres

Pour changer la watchface, il faut maintenant faire un appui long sur l’écran. Il y en a une douzaine, dont certaines ont des éléments mis à jour dynamiquement, soit à partir des différents capteurs, soit sous forme d’animation.

J’aime bien la watchface Endroit qui affiche le fond de carte en fond d’écran, avec des infos du baromètre, altimètre et boussole. On peut cliquer sur un des éléments pour ouvrir le widget correspondant (par exemple cliquer sur la petite boussole pour ouvrir le widget de la boussole). Voyage permet d’afficher des infos sur vos déplacements dans le monde ; Google Fit, des infos sur votre activité quotidienne ; Frontière, vous positionne sur une mappemonde ; Voyageur permet de switcher l’écran entre l’heure, l’altitude, la pression barométrique, etc. Après, dites-vous bien que plus une watchface fait de choses, plus elle consomme… Sinon, on peut encore en télécharger sur Google Play Store.

Par un glissé sur la droite, on ouvre le panneau du Google Assistant, qui affiche différentes informations contextuelles. Sans aller jusqu’à parler d’intelligence artificielle, il va afficher ici des informations qui sont sensées être intéressantes, en fonction de l’endroit où vous êtes, de ce qu’il y a dans votre agenda, etc. En gros, ça peut être la température, les restos ou stations-service à proximité, des informations sur votre prochain vol en avion, le temps de trajet jusqu’à votre domicile en prenant en compte la densité du trafic actuel, etc.

Comme la montre est équipée d’un micro, on peut utiliser l’assistant de Google, avec la commande “OK Google”.

Par défaut, Commande multimédias permet de contrôler le lecteur de musique ou de vidéo de votre smartphone. Mais on peut aussi télécharger Spotify. La différence avec l’application Spotify des montres Garmin, c’est qu’il ne s’agit ici que d’une télécommande de l’appli sur le smartphone. Les playlists ne sont pas transférées sur la montre et donc on ne peut pas écouter de la musique de manière autonome sans un connexion avec le smartphone.

Parmi la panoplie d’applications, on trouve un chronomètre, un réveil, la liste des contacts, Google Maps, la météo, un minuteur, Rappels, Google traduction. On peut ensuite télécharger tout ce qu’on veut depuis le Play Store directement sur la montre, grâce à un petit clavier.

Conclusion du test

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Un commentaire

  • Mauro

    E’ uno smartwatch per trekking e sport saltuario e non deve essere confrontato con suunto o garmin, ottimi sportwatch e quindi smartwatch con limitazioni. Alcune limitazioni sono presenti nel Casio e altre le hanno Suunto e Garmin. Io ho il WSD-F20 dal Maggio 2017 e mi trovo benissimo nel trekking, la batteria basta e avanza! Dopo quasi 2 anni ho ancora 2 giorni di autonomia! Attenzione che ha il GPS molto preciso (mi manca il confronto con Suunto 9 ma alcuni test hanno dimostrato una deviazione di 3,5m sulla traccia, circa la metà del Garmin 5x sembra …).
    Garmin e Sunnto sono sportwatch
    Casio e Huawei 2 sono smartwatch (2 giorni autonomia, Huawei no mappe offline)
    Samsung Gear S3 smartwatch (2 giorni di autonomia, no mappe offline)
    Iwatch non lo conosco (dire smartwatch), ma i 4 giorni di autonomia come li avete raggiunti?

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