Test Garmin Enduro : la reine des ultras (et pas que)

Test Garmin Enduro

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La tentation est grande, pour faire vite, de dire que l’Enduro est une Fenix 6X avec une plus grande autonomie. Mais vous me connaissez, ce n’est pas mon habitude de bâcler les tests. Et il faut bien ça pour faire ressortir les petits détails qui font la différence entre l’Enduro et la gamme des Fenix 6.

Une chose est claire : l’Enduro a été développée pour répondre aux besoins des ultra traileurs les plus hardcore. Avec jusqu’à 80h d’autonomie en enregistrement GPS (avec la meilleure précision), elle prend une belle avance sur ses dauphines (Coros Vertix et Fenix 6X Pro Solar). Mais il y a des concessions à faire, l’Enduro ne surclasse pas toutes les Fenix 6. Une fois de plus, il faudra bien comparer pour bien choisir.

C’était quand même un pari osé de Garmin, que de proposer une montre GPS sans cartographie plus chère que la majorité des Fenix 6. Alors est-ce que les performances sont au rendez-vous et est-ce que cette Enduro vaut le coup ?

Test Garmin Enduro : le verdict

Il n’y a réellement qu’une seule bonne raison d’opter pour une Enduro plutôt qu’une Fenix 6 : son autonomie record, que ce soit en enregistrement GPS ou en utilisation montre connectée.

POUR
Autonomie record
Légèreté
Bracelet nylon confortable
CONTRE
Prix

Ce qui est nouveau sur la Garmin Enduro 

Avis Garmin Enduro
  • Plus grosse batterie
  • Bracelet en nylon élastique (également compatible avec les Fenix 6X)
  • Mode Ultra run (transféré sur les Fenix 6 et Forerunner 745, 945 par mise à jour)
  • Calcul du VO2max en trail (transféré sur les Fenix 6 et Forerunner 245, 745, 945 par mise à jour)
  • ClimbPro en descente (transféré sur les Fenix 6 et Forerunner 945 par mise à jour)

Comment se place l’Enduro dans la gamme des Fenix 6 ?

L’Enduro ressemble tellement à une Fenix 6X, qu’on aurait bien envie de la positionner au sein de la gamme des Fenix 6, ne serait-ce que pour comparer les fonctionnalités et les prix. Hé bien je l’ai fait. On peut considérer que l’Enduro est une Fenix 6X Solar, pas Pro, pas Sapphire. Les conséquences sont donc les suivantes :

  • Pas de cartographie
  • Pas de lecteur de musique
  • Pas de Wifi

Présentation de la Garmin Enduro 

Présentation Garmin Enduro

Elle remplace : aucune

Au-dessus dans la gamme : aucune

En-dessous dans la gamme : Fenix 6

Alors, c’est une Fenix 6X ou pas ? Difficile de faire la différence visuellement. Même taille de boitier, mêmes détails de la lunette… En fait, le détail qui ne trompe pas, c’est le cerclage de jaune autour de l’écran. Moi j’adore. Si le jaune n’est pas votre couleur préférée, ben dommage. Et puis il y a le bouton Start, qui est strié sur le côté, à la façon d’une molette (mais il ne tourne pas).

Donc, on retrouve le boitier de 51mm de large, étanche à 100m, les 5 boutons, l’écran transréflectif de 35mm de diamètre et de résolution 280 x 280 pixels. Un mot sur l’écran : il est plus grand que la majorité des montres GPS actuelles (Coros, Polar et même les autres Garmin ont un écran de 30,5mm et résolution 240 x 240). Cela dit, comme il n’y a pas de cartographie sur l’Enduro, c’est un critère moins déterminant, car écran plus grand ne veut pas dire écritures plus grandes.

Mais attention, car sur la balance, tout est différent ! La Fenix 6X Pro Solar (titane) pèse 82g (et même 93g pour la version Pro non Solar en acier). L’Enduro pèse, tenez-vous bien :

Faut voir que 61g, c’est le poids d’une Fenix 6S Pro ! L’Enduro pèse 25% moins lourd qu’une Fenix 6X Pro Solar. Alors comment est-ce que Garmin est arrivé à cette prouesse ?

Juste en changeant le bracelet. Hé oui, pas de prouesse technologique pour expliquer cette différence de poids. Le boitier de l’Enduro est même 1g plus lourd que celui de la Fenix 6X Pro Solar. Mais le nouveau bracelet en nylon tissé est carrément moins lourd que le classique bracelet en silicone. Il ne pèse que 6g.

A l’usage, qu’est-ce que ça donne ? Ben c’est super confortable. C’est léger, ça n’accroche pas la peau ou les poils, c’est plus élastique que le silicone. Il n’y a pas de boucle pour fermer le bracelet. Le bracelet est en un seul morceau, avec des scratchs à chaque bout pour tenir en place. Pour l’enlever, on déscratche un côté et on glisse la main au travers. Si vous avez de grosses paluches, vous aurez peut-être du mal à passer votre main sans déscratcher les 2 côtés. Moi ça passe juste. Mais d’un autre côté, si vous avez un très petit poignet, il est possible que les 2 bouts se chevauchent, ce qui ne sera certainement pas très confortable. Au besoin, on peut le remplacer facilement avec un bracelet QuickFit 26mm (tout comme on peut installer le bracelet nylon sur une Fenix 6X pour l’alléger).

Le point négatif, c’est que comme c’est de la maille, ça pompe l’eau. Alors pendant le sport, ça n’est pas gênant. J’ai passé 2h sous la pluie lors de mon marathon sans que ça devienne problématique. Par contre, une fois qu’il est mouillé (si vous l’emmenez sous la douche ou à la piscine) alors ça met longtemps à sécher. Même une fois qu’il a séché, la peau du poignet reste moite en-dessous. Donc moi je l’enlève le temps de laisser sécher tout ça.

Les capteurs n’ont pas changé :

  • Puce GPS, GLONASS, Galiléo
  • Capteur cardio optique avec capteur d’oxygénation sanguine (SpO2) : le même que sur les Fenix 6 et pas celui de nouvelle génération de la Venu 2
  • Altimètre barométrique
  • Boussole
  • Thermomètre
  • Accéléromètre et gyroscope

On peut y ajouter tout type de capteurs externes, que l’on connectera en ANT+ ou en Bluetooth.

Mais l’Enduro ressemble à la Fenix 6X non pas seulement visuellement mais aussi dans son interface et ses fonctionnalités (montre GPS multisports, avec navigation, suivi quotidien de l’activité et de la santé, fonctionnalités connectées). Après la mise à jour des Fenix 6 qui ont ajouté les nouveautés introduites avec la sortie de l’Enduro, on peut même dire que ce sont des sœurs jumelles.

Avec les boutons Haut et Bas, on fait défiler les widgets. Voilà ceux que j’utilise, selon 3 groupes (sport, outdoor, connecté) :

  • Watchface
  • Historique (des séances de sport)
  • Performances
  • Statut d’entrainement
  • Statistiques de santé
  • Ma journée
  • Sommeil
  • Soleil
  • ABC (altimètre, baromètre, boussole)
  • Météo
  • Calendrier
  • Contrôle de musique
  • Notifications

Mais il y en a pas moins de 21 autres que je n’ai pas activés. Deux raisons à cela : soit je les trouve inutiles, soit parce qu’on retrouve les mêmes données sur un autre widget. Exemple, le widget Journée a évolué et regroupe maintenant : la ou les séances de sport, minutes d’intensité, étages gravis, nombre de pas nombre de calories brûlées. Il suffit d’un clic pour afficher ces sous-widgets et on peut cliquer une fois de plus pour afficher plus de statistiques (comme le détail sur la journée ou les chiffres de chaque jour de la semaine).

Voici la liste des profils sportifs disponibles :

  • Course à pied, trail, ultra run, tapis de course, piste d’athlé, piste en intérieur, course virtuelle
  • Vélo, VTT, home trainer
  • Natation en piscine, en eau libre
  • Triathlon, multisport, swimrun
  • Randonnée, ascension, marche
  • Escalade en salle, bloc
  • Ski, snowboard, ski de fond classique, ski de fond skating
  • SUP, aviron, rameur, kayak
  • Surf
  • Golf
  • Cardio, autre
  • Pilates, montée d’étages, vélo elliptique, stepper
  • Jump master, tactique

Si ça ne suffisait pas, vous pouvez créer un profil perso à partir de n’importe lequel des profils ci-dessus ou alors fouiller Connect IQ pour télécharger une application spéciale.

Pour une utilisation sportive, il n’y a pas une marque de montre GPS qui propose plus de solutions de programmation d’entrainement que Garmin :

  • Programmation de fractionné simple depuis la montre
  • Programmation de séance complexe depuis Garmin Connect
  • Suggestion d’entrainement quotidien (un algorithme Firstbeat)
  • Se mesurer à une activité de l’historique
  • Plan d’entrainement personnalisé Garmin Coach
  • Synchronisation d’entrainements de TrainingPeaks sur le calendrier d’entrainement de Garmin Connect

Comme sur les Fenix, l’Enduro embarque de nombreux algorithmes Firstbeat capables de suivre les performances et l’efficacité de l’entrainement. Une dizaine sont regroupés sur 2 widgets :

  • Performances : VO2max, seuil lactique, prédiction des temps de course
  • Statut d’entrainement : volume, intensité, acclimatation à la chaleur et l’altitude, VO2max sur 7 jours, charge d’entrainement sur 7 jours, répartition de la charge d’entrainement sur 4 semaines par zone d’intensité, temps de récupération

Ces données, avec l’historique d’entrainement, sont ensuite injectées dans l’algorithme de suggestion d’entrainement quotidienne.

Il n’y a pas de cartographie sur l’Enduro et aucune possibilité d’en ajouter car les 64Mo ne suffiraient pas à stocker les cartes de 1 à 2Go. Pour la navigation, il faudra donc vous contenter du suivi d’itinéraire, à l’ancienne, avec toute fois les alertes turn by turn. Cela dit, vous verrez plus loin qu’on peut filouter un peu en utilisant Connect IQ.

C’est probablement le choix de Garmin qui sera le plus critiqué concernant l’Enduro. Moi, je trouve qu’on fait déjà pas mal de choses avec le suivi d’itinéraire simple et tout le monde n’a pas le budget pour mettre 150€ pour avoir la carto. Donc je n’ai pas mis en avant ce point comme un désavantage de l’Enduro. Il faut juste le savoir, si vous voulez la carto, il y a la Fenix 6X Pro Solar.

D’autant qu’avec Garmin, les solutions de suivi d’itinéraires sont riches. On peut tracer son itinéraire sur Garmin Connect, Komoot ou Strava et le retrouver en quelques secondes dans la montre. Pendant la sortie, les alertes de virage turn by turn facilitent la navigation. Mais attention, ce choix n’est pas à prendre à la légère. Pas de cartographie, ça veut aussi dire :

  • Pas de création d’itinéraire directement depuis la montre
  • Pas de navigation vers un point d’intérêt depuis la montre
  • Pas de reroutage en direct

L’Enduro regroupe toutes les fonctionnalités de suivi d’activité quotidienne et de santé de Garmin :

  • Activité physique : nombre de pas, minutes intensives
  • Métriques physiologiques : fréquence cardiaque, variabilité de fréquence respiratoire, stress, fréquence respiratoire, body battery
  • Acclimatation à l’altitude et la chaleur
  • Sommeil
  • Hydratation (manuellement)
  • Cycle menstruel (via une application de Connect IQ)

En plus d’être une montre de sport, l’Enduro est une montre connectée, via Bluetooth ou Wifi, avec les possibilités suivantes :

  • Smart notifications
  • Paiement sans contact
  • Météo
  • Calendrier
  • Contrôle du lecteur de musique du smartphone
  • LiveTrack
  • Messages SOS
  • Téléchargement d’application sur Connect IQ

Télécharger le manuel utilisateur

Autonomie

Autonomie Enduro

Alors, comment est-ce que Garmin a réussi à créer la montre GPS avec la plus grande autonomie du marché ?

Premièrement, en introduisant une batterie de plus grande capacité (pas forcément plus grosse en taille, peut-être est-ce simplement dû à l’évolution technologique dans le domaine en 2 ans) : 506mAh contre 420 pour la Fenix 6X Pro Solar. Ca fait donc déjà 20% d’augmentation.

Et… c’est tout.

Alors OK, il y a bien la recharge solaire qui apporte un gain potentiel d’autonomie de 14%, mais c’était déjà le cas sur les Fenix 6 Solar, qui utilisent déjà toutes le verre de recharge solaire. Une Fenix 6X Pro Solar affichait donc 60h d’autonomie de base, +6h avec la recharge solaire.

L’Enduro affiche 70h de base, +10h avec la recharge solaire.

Bien évidemment, la recharge solaire implique une condition essentielle : il faut que la montre soit exposée au soleil. A une intensité de 50 000Lux pour être précis, ce qui correspond au minimum enregistré lors d’une journée ensoleillée, d’après Wikipédia. Ciel couvert ? 500 à 25 000Lux, on n’y est pas. Ne comptez pas non plus recharger pendant la nuit lors d’un ultra…

La recharge solaire n’apporte qu’un surplus d’autonomie, elle ne permet pas de recharger complètement l’Enduro. Donc même en été dans le sud de la France, il faudra quand même recharger la montre avec le câble USB, certes moins souvent.

Sinon, en mode UltraTrac (précision GPS dégradée), on passe à 200h + 100h (soit 300h max). Là, c’est fou !

Et au bout du bout, il y a le mode expédition, qui assure 65 à 95 jours avec un enregistrement GPS très très espacé (un point de temps en temps).

Le gestionnaire de batterie est très pratique. Il suffit de pratiquer un peu au début pour faire différents essais de réglages et il affiche en direct la prédiction d’autonomie. Exemple alors que je rédige cet article, il reste 36% de batterie. Ca veut dire 5 jours avec capteur de SpO2 ou 18 jours sans. Ca veut aussi dire 25h en mode GPS mais 23h en mode GPS + Galiléo.

Sans forcément parler d’ultra, une grande autonomie, ça veut aussi dire moins de recharges. Garmin annonce 50 à 65 jours en mode montre connectée. Ca, c’est si vous désactivez le capteur de SpO2. Avec mes réglages (notifications, cardio optique, etc), j’ai observé les performances suivantes :

  • SpO2 24h/24 : 15 jours
  • SpO2 uniquement la nuit : 28 jours
  • SpO2 off : 50 jours

J’ai donc opté pour l’activation du capteur SpO2 activé la nuit, puisque l’oxygénation sanguine est une des données d’entrée de l’algorithme d’évaluation de la qualité du sommeil.

Mais là, l’autonomie a fait un énorme bond, puisque celle de la Fenix 6X Pro Solar est annoncée à 21 jours + 3 avec le solaire. Garmin a donc fait un travail énorme sur sa plateforme globale pour multiplier par 2,5 l’autonomie en utilisation de montre connectée. C’est super important, car c’est quelque chose qu’on va retrouver sur toutes les Garmin qui sortiront en 2021 et 2022.

Concrètement, qu’est-ce que ça donne ? Ben voilà :

  • 15 jours après la première recharge, avec 12h d’enregistrement GPS et 1h de natation (sans GPS), il restait… 36% de batterie
  • 1 marathon en 4h (GPS en enregistrement 1s + cardio optique) = 5% de batterie consommés

Donc même un triathlète en préparation Ironman pourrait se contenter d’une recharge toutes les 2 semaines. Ou alors on pourrait faire un marathon des sables complet sans recharge. Et si vous désactivez le capteur de SpO2 et courez 3 fois par semaine 10km, alors 12 recharges par an suffiront.

J’ai fait l’ensemble du test de l’Enduro sur une seule charge, mais j’ai fait la connerie à 5 jours de la fin d’installer une watchface téléchargée sur Connect IQ. Elle a consommé plus de batterie que la watchface de base et m’a cramé 3 jours d’autonomie. Mais comme j’ai fait un peu moins de sport en 3e semaine, elle a tenu le coup.

Garmin Enduro Titanium Bouton commander i-run
Garmin Enduro Bouton commander i-run

Champs de donnée

Enduro champs de donnée

Il y en a tant… je vous laisse regarder à la fin du manuel utilisateur.

Running

Enduro running

Il y a désormais tellement de profils pour la course à pied qu’on ne saurait presque plus lequel choisir. En plus des classiques Course à pied, Trail et Tapis de course, on peut compter maintenant sur les profils Ultra run, Suivre course (une bien mauvaise traduction de l’anglais pour désigner un profil pour la piste d’athlétisme), Course virtuelle et Piste en intérieur.

Quelles sont leurs particularités ?

Trail : le profil n’est pas nouveau, mais on peut maintenant activer la prise en compte de ces séances dans le calcul du VO2max. Alors ça ne va pas créer un nouveau VO2max de trail en plus des VO2max course à pied et VO2max vélo, c’est juste que Firstbeat a fait évoluer son algorithme pour mieux prendre en compte le dénivelé dans le calcul du VO2max en trail.

Cette fonctionnalité peut être désactivée. Pourquoi ? Ben par exemple sur un trail long durant lequel vous portez un sac à dos, c’est une bonne idée de désactiver ce calcul, car le fait de porter un sac va faire baisser vos performances, ce qui sera interprété comme une baisse de votre VO2max par l’algorithme. Désactivez-le aussi si vous courez sur un terrain mou, comme du sable.

Mon expérience a été partagée par de nombreux abonnés de la chaine YouTube, à savoir que le résultat du calcul de VO2max en trail fait généralement baisser de 1 point le VO2max ‘classique’. C’est pas si mal si on compare aux effets qu’on pouvait observer avant (en utilisant le profil Course pour faire du trail) ou l’absence de statut d’entrainement (pour ceux qui n’utilisaient que le profil Trail et jamais Course).

Ultra run : ce profil intègre un processus particulier de pause manuelle pour gérer les ravitaillements (en appuyant sur le bouton Lap). La partie visible, c’est une nouvelle page qui vous indique depuis combien de temps vous êtes en pause, sans arrêter le chrono général qui continu de défiler. Donc en fait, c’est un écran pour gérer votre pause à vous (récupération, ravitaillement ou autre) mais sans mettre l’enregistrement de l’activité en pause.

Initialement, dans la version bêta de la mise à jour que j’ai testée sur Fenix 6, ça coupait aussi le GPS, afin d’éviter d’engendrer des erreurs de calcul de distance parcourue à cause d’erreurs GPS, lorsque vous faites par exemple un ravito dans un gymnase. Idée géniale, me direz-vous ! Je ne sais pas pourquoi, mais cette coupure du GPS a disparue dans la version définitive sortie sur l’Enduro et les Fenix 6. Dommage. Peut-être qu’il y a des gens qui se sont inquiétés qu’avec le manque de lucidité sur un ultra, il y avait un risque d’oublier de sortir du mode ravitaillement en repartant…

Course virtuelle : pour faire des courses sur tapis sur des plateformes comme Zwift.

Suivre course : ce profil intègre un algorithme spécifique qui améliore grandement la précision de la mesure de la distance (et donc de l’allure instantanée) autour d’une piste d’athlétisme. Je l’ai testé et ça fonctionne super bien.

Est-ce qu’il y avait besoin de créer autant de profils sportifs pour courir ?

Hum oui et non. Par exemple la seule spécificité du mode Ultra run c’est la gestion des pauses (ravito ou autre) avec un écran de pause un peu comme celui qu’on connait déjà sur le profil de natation en piscine. En soi, cette fonctionnalité aurait très bien pu être ajouté comme une option (à activer ou pas) des profils Course et Trail. Mais bon, d’un autre côté, le fait d’avoir plusieurs profils à disposition permet de faire des réglages différents, ce qui est pratique.

Qu’est-ce que ça donne à l’usage maintenant ?

On peut configurer de 1 à 8 champs de données par écran. La limite des 2 champs de donnée Connect IQ existe toujours, je ne sais pas pourquoi (peut-être pour éviter les bugs). En plus de ça, on peut ajouter des pages particulières, par exemple pour la navigation, le profil d’altitude ou le contrôle de la musique.

L’accroche GPS est super rapide, il suffit généralement de 3 secondes, max 10. Le temps de l’accroche, on peut consulter l’autonomie restante, soit en pourcentage, soit en heures (ce qui est plus parlant). Au besoin, on accède aux options du profil par un simple appui sur le bouton Haut. On accède ainsi aux paramètres du profil, aux options pour faire de la navigation, aux entrainements programmés et au gestionnaire l’alimentation.

Après, pendant qu’on court, l’allure est super stable. Sur mes premières sorties, j’ai trouvé ça bien, surtout quand on connait les difficultés des Fenix dès qu’on passe sous les arbres. Bon et en fait, quand on compare avec une Forerunner 745, on se rend compte que l’allure instantanée de l’Enduro est certes très stable mais pas forcément toujours très juste.

ClimbPro a quelque peu évolué. Avant, on pouvait visualiser les données et le graphique de pente des montées à venir pour gérer son effort. Maintenant, on a la même chose pour les descentes. Parce que les descentes aussi ça tire sur les cuisses. L’autre nouveauté, c’est une alarme en début de chaque montée (des fois que vous n’ayez pas levé les yeux).

L’algorithme de suggestion d’entrainement quotidien s’appuie sur l’historique des séances d’entrainement et de performances pour proposer chaque jour une séance d’entrainement. C’est assez varié et par rapport à ce qui se fait chez d’autres marques (Polar et Suunto), il ne s’agit pas que des entrainements en zone cardio, il y a aussi des séances de fractionné, de récup’. L’objectif n’est pas de se préparer à une course particulière un jour précis mais de faire un travail de fond sur la durée.

Autres sports

Garmin Enduro sport

L’Enduro reste une montre GPS multisports, avec des profils sportifs pour enchainer plusieurs disciplines au cours de la même activité. Il y a un mode triathlon et un mode swimrun, plus un mode multisports qui permet d’enchainer n’importe quels profils sportifs.

A vélo, l’Enduro fait tout ce qu’une Fenix 6 ou un Edge savent faire (à l’exception de la cartographie bien sûr). Donc on peut y coupler un capteur de puissance pour le vélo de route, un radar arrière et on a les données de difficulté et fluidité à VTT.

Les suggestions d’entrainement quotidien s’appuyant sur les métriques physiologiques Firstbeat et l’historique des séances de sport, il est nécessaire d’avoir un VO2max de vélo pour que ça fonctionne, donc de rouler avec un capteur de puissance.

En natation, on retrouve les outils auxquels on est habitué sur les montres GPS multisports de Garmin, avec notamment ce qu’on ne trouve pas chez les autres marques, comme le journal d’entrainement (mode drill) à utiliser sur les longueurs de planche, la vitesse critique de nage.

Connect IQ pour booster votre Enduro

Enduro Connect IQ

Est-il encore possible d’apporter de nouvelles fonctionnalités à l’Enduro avec Connect IQ ? Ben oui !

La première à laquelle j’ai pensé, c’est d’ajouter la cartographie. Les 64Mo de mémoire interne ne permettront jamais de stocker toute la cartographie de la France. Mais il existe plusieurs applications sur Connect IQ qui permettent de transférer de la cartographie en direct via le Bluetooth d’un smartphone. Il y a plusieurs contraintes à cela :

  • Il faut emporter son smartphone avec soi (car le Bluetooth n’a une portée que d’une dizaine de mètres)
  • Ca bouffe pas mal l’autonomie du smartphone
  • La plupart des applications sont payantes

Mais j’en ai trouvé une gratuite : Mappily Mapping !

Et en plus, on peut même stocker un morceau de carte hors ligne dans la mémoire de la montre. On télécharge un itinéraire et Mappily Mapping transfère juste le morceau de carte qu’il faut pour cet itinéraire, pas toute la carto de la France.

Alors bon, le fond de carte n’est pas des plus esthétiques (routes en blanc sur fond noir) mais bon, c’est mieux que rien, non ?

L’autre application que je recommande aux fans d’ultra, c’est Barrière horaire (ok, c’est un champ de donnée).

Barrière horaire a été développée par Alexis, un des modérateurs qui m’aident à vous renseigner sur le groupe Je ne suis pas un héros mais j’ai une Garmin.  L’idée est toute simple, mais efficace : placez des points de passage sur l’itinéraire de votre course et le champ de donnée vous indique combien de temps il vous reste pour atteindre la prochaine barrière horaire.

Précision GPS / cardio

La bonne nouvelle, c’est que l’autonomie n’a pas été augmentée au détriment de la précision GPS ou cardio.

Sur cette sortie en bord de canal, avec quelques arbres en bordure, la trace GPS est propre et à peu près équivalente à celle de la Forerunner 745, sauf à un endroit sur une cinquantaine de mètres.

Sur une sortie un peu plus longue, la différence de distance avec la Forerunner 745 est de 100m. Sur la partie ci-dessous, elle gère bien le passage sur le pont et les changements de direction.

Un test classique : le virage en épingle, bien marqué.

Il faut aller en forêt pour trouver des écarts un peu plus marqués, notamment sur les virages en demi-tour. Sur celui de droite, on voit que la trace GPS de l’Enduro coupe un peu le grand virage. Par contre, sur la toute petite boucle en haut à droite, dans un environnement moins boisé, les traces GPS de l’Enduro et de la Forerunner 745 se superposent bien.

Sur ce marathon, je suis passé 6 fois sur la plus grande boucle. Vous voyez que les traces GPS ne partent pas dans tous les sens, ça se superpose encore une fois très bien. A l’arrivée, la distance et le dénivelé sont quasiment identiques sur les 2 montres.

Une sortie vélo confirme que l’altimètre barométrique se comporte bien (même s’il y a un décalage dû au fait que je n’ai pas calibré l’alti baro).

C’est en fait les performances du capteur cardio optique qui m’ont véritablement bluffé. D’autant que l’Enduro possède le même capteur que les Fenix 6 et pas le nouveau de la Venu 2. On a tendance à dire que les grosses montres cardio GPS sont moins précises car elles ballottent au poignet, ce qui perturbe le fonctionnement du capteur. Et bien là, l’Enduro sort des résultats contrintuitifs. J’ai vois plusieurs explications possibles :

  • L’Enduro Titanium est relativement légère. Donc un boitier pas trop lourd mais large est visiblement bien stable.
  • Peut-être que le bracelet nylon, plus élastique qu’un en silicone, permet de bien plaquer le capteur sur la peau

Regardez un peu ce premier comparatif avec une ceinture cardio couplée à la Forerunner 745.

Sur une sortie un peu plus chahutée, le capteur cardio optique de l’Enduro répond bien aux énormes variations d’intensité. Il n’y a que sur les 5 dernières minutes que la courbe de fréquence cardiaque s’envole.

Bref, je ne dis pas qu’on peut faire une confiance aveugle au capteur cardio optique de l’Enduro, mais je pense qu’il suffit largement pour toutes les sorties d’endurance. Pour éviter les loupés, continuez de sortir votre ceinture cardio pour les séances de qualité (seuil, fractionné).

Et à vélo ? Pfiu, c’est encore pire. J’ai 3 tracés comme celui-ci. Je pense que c’est la montre cardio GPS qui a le mieux fonctionné depuis la création du blog Montre Cardio GPS, rien que ça. C’est épatant.

Activité quotidienne

Garmin Enduro activité quotidienne

L’Enduro regroupe toutes les fonctionnalités de suivi d’activité quotidienne et de santé de Garmin :

  • Activité physique : nombre de pas, minutes intensives
  • Métriques physiologiques : fréquence cardiaque, variabilité de fréquence respiratoire, stress, fréquence respiratoire, body battery
  • Acclimatation à l’altitude et la chaleur
  • Sommeil
  • Hydratation (manuellement)
  • Cycle menstruel (via une application de Connect IQ)

Le widget Ma journée a quelque peu évolué (ou alors je n’avais pas fait attention avant). En plus des métriques habituelles mesurées en continu (étages gravis, nombre de pas nombre de calories brûlées), on trouve maintenant les minutes intensives et les séances de sport du jour.

Le widget de suivi du sommeil est bien présent sur l’Enduro. Ne rigolez pas, c’est assez récent sur les Garmin. La première page donne en synthèse un score de sommeil, la durée et la qualité (qui sont probablement les 2 données qui servent à calculer le score). Les 2 pages suivantes donnent le détail par phase de sommeil (léger, paradoxal, profond, éveillé). Le dernier présente une interprétation succincte (genre votre niveau de sommeil paradoxal aide à booster l’apprentissage et la concentration). Pour consulter l’historique sur plusieurs nuits, il faut se rendre sur Garmin Connect.

Le capteur d ‘oxygénation sanguine peut être activé 24h/24 (en contrepartie d’une grosse consommation d’énergie) ou seulement la nuit. Lors de mes précédents tests avec la Fenix 6X Pro Solar, je n’avais pas vu de différence dans mon oxygénation sanguine en-dessous de 2000m d’altitude. Personnellement, je l’ai activé la nuit, car c’est une donnée qui entre dans l’algorithme de qualité du sommeil et même si on est à 0m d’altitude, le SpO2 peut être un symptôme d’une maladie qui affectera votre récupération.

Montre connectée

Montre connectée Enduro

Garmin n’a pas reproduit le schéma de la Forerunner 745 (sans carto mais avec lecteur de musique) sur l’Enduro. En même temps, quels écouteurs ont une autonomie de 80h ? Donc, il n’y a pas de lecteur de musique, mais juste un widget (ou un écran dans les profils sportifs) pour contrôler le lecteur de musique de votre smartphone.

La base, c’est déjà les notifications. L’écran est grand, mais on ne peut pas lire un long message en entier depuis l’Enduro. On voit juste d’où vient la notifications (quelle appli, email, SMS, etc) et le début du message. On peut y répondre par un message préenregistré uniquement si elle est couplée avec un smartphone Android, pas un iPhone.

Ensuite, on retrouve différents widgets : météo et calendrier.

Le paiement sans contact est bien présent, ainsi que les fonctionnalités de sécurité LiveTrack (qui permet à un proche de vous suivre pendant une activité sportive en temps quasi réel) et l’envoi de messages SOS, soit manuellement (appui 10s sur le bouton Light) ou automatique après détection d’un accident. Pour LiveTrack et les messages SOS, la contrainte c’est qu’il faut avoir son smartphone connecté et Bluetooth.

Conclusion du test de la Garmin Enduro

Nouveautés Garmin Enduro

Alors est-ce que cette Enduro mérite son nom ? Ne pourrait-elle pas s’intégrer dans la gamme des Fenix 6 ? Je pense qu’il aurait été mal vu de proposer une Fenix 6X Solar avec une plus grande autonomie que la Fenix 6X Pro Solar. Garmin a probablement vu un autre argument : il aurait été mal vu de vendre une Fenix 6X Solar (non Pro) au même prix qu’une Fenix 6X Pro Solar…

L’Enduro est la première montre GPS avec laquelle j’arrive à faire un test complet sur une seule recharge. Et surtout, j’y suis arrivé sans me priver de métrique ou de capteur (ou de précision GPS). C’est assez incroyable pour être mis en avant.

Il n’y a pas de doute qu’il existe une petite quantité de sportifs qui ont besoin d’une montre GPS avec une énorme autonomie (parce que c’est la seule raison valable pour acheter une Enduro plutôt qu’une Fenix 6). Mais c’est son prix qui va faire réfléchir. Difficile d’oublier que la Fenix 6X Pro Solar, avec cartographie, est vendue au même prix. N’oubliez pas que les nouvelles fonctionnalités dévoilées sur l’Enduro (mode Ultra run et VO2max en trail) ont été transférées aux Fenix 6 par mise à jour.

Donc une nouvelle fois, c’est une question de priorité. Si vous voulez courir des ultra sur plus de 2 jours, vous serez plus tranquille avec l’Enduro. Si vous ne voulez pas recharger votre montre plus d’une dizaine de fois par an, n’hésitez-pas, prenez l’Enduro. Mais si vous pensez que le trail est indissociable d’une cartographie, alors regardez du côté des Fenix 6.

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Lorsque vous consultez un article de « test », vérifiez toujours qu’il contient des vraies photos prises pendant le test. S’il ne contient que des images du produit sur fond blanc, alors ce n’est pas un test. L’auteur d’un tel article l’a écrit sans jamais avoir eu le produit dans les mains. Je vous laisse juger de la pertinence de ses analyses…

Un test complet, ça demande du temps. Je ne suis pas payé pour le faire. Si vous êtes intéressé par l’achat de matériel sportif, vous pouvez me soutenir en passant par un des liens ci-dessous. Je toucherai une commission, ce qui contribuera à l’avenir de ce blog (et je vous en remercie).

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2 commentaires

  • Dominique KOWALSKI

    Bonjour Jerome,

    J’ai « troqué » ma Suunto 9 baro pour une enduro… Il y a un truc que j’appréciais vraiment chez Suunto c’est le guidage « turn by turn ».
    Je trouve que c’est suffisant, pas besoin d’embarquer de la carto sur ma montre (ce n’est bien sur qu’un avis personnel).
    Je n’est pas encore essayé cette fonction avec la Garmin… D’après toi quel est la meilleure façon de faire ? Y-a-t-il quelque chose à installer a partir d’IQ ou il suffit jusque de transférer un fichier GPX, de Strava (voir même de l’appli Suunto ;-)) par exemple, via Garmin Connect (pour avoir le turn by turn) ?
    Merci d’avance.

    Sportivement.

    Dominique.

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