Montre GPS en alpinisme : expérience et conseils

Montre GPS alpinisme

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20 ans (et aussi 7 déménagements et 2 naissances) après avoir gravi le Mont Blanc, je me suis de nouveau lancé dans l’aventure de l’alpinisme. Je suis un habitué de la montagne, en rando l’été et à ski de rando l’hiver, mais pas en haute montagne.

J’ai accepté avec plaisir l’invitation de 2 amis à un WE d’alpinisme visant à enchainer 2 sommets à 4000m dans les Alpes suisses. Vous pensez bien que j’en ai profité pour tester des montres GPS. J’en ai même pris 5 ! Hé oui, j’ai volontairement alourdi mon sac à dos de 421g pour vous…

Mais mine de rien, ce WE a été riche en enseignements, parce que l’environnement inhospitalier de la haute montagne fait ressortir la moindre petite imperfection.

La préparation

Le programme était d’enchainer le Weissmies et le Lagginhorn sur 2 jours ½ :

  • Vendredi après-midi : marche d’approche jusqu’au refuge Almagellerhütte (6,6km, 1200m d+)
  • Samedi : ascension du Weissmies puis descente jusqu’au refuge Hochsaashütte (7,2km, 1100m d+, 900m d-)
  • Dimanche : ascension du Lagginhorn puis descente jusqu’à la station intermédiaire du télécabine de Saas-Grund (7,6km, 900m d+, 1600m d-)

Je suis donc parti avec 5 montres GPS, de 4 marques différentes :

Pas de Polar Grit X ? J’aurais pu. Mais non, comme je l’ai dit en conclusion de mon test, c’est une bonne montre GPS de trail, mais il lui manque encore quelques fonctionnalités pour être une bonne montre GPS outdoor. Bon et puis 5, c’était déjà pas mal.

Tracer l’itinéraire

J’ai utilisé l’application Suunto. C’est mon application favorite pour tracer les itinéraires depuis qu’ils ont introduit leurs cartes de chaleur (initialement sur Movescount, puis sur la nouvelle appli Suunto). La cartographie outdoor est déjà bien détaillée.

Mais ce qui m’a décidé à utiliser celle-ci plutôt qu’une autre appli capable de tracer un itinéraire GPX, c’est vraiment la carte de chaleur. En effet, en alpinisme, il n’est pas rare de ne pas emprunter les sentiers, tout simplement parce qu’il n’y en a pas :

  • On est monté au Weissmies par l’arrête sud sur 800m de d+
  • On est redescendu du Weissmies par le glacier

La carte de chaleur présente les passages les plus fréquentés par les utilisateurs de montres GPS Suunto. Tout du moins pour celle de Suunto. Celle de Garmin présente les passages des utilisateurs de Garmin et celle de Strava fusionne un peu toutes les marques de montres GPS utilisées par les gens qui ont un compte Strava. Donc la carte de chaleur Strava est certainement la plus fournie (en termes de quantité de parcours), mais je trouve celle de Suunto la mieux réussie visuellement.

En utilisant la carte de chaleur « alpinisme » (parce qu’on peut filtrer par type d’activité), j’ai ainsi pu tracer mes 3 itinéraires sur les traces de gens qui ont déjà fait ces ascensions par le passer.

Carte de chaleur Suunto alpinisme

En plus, depuis la dernière mise à jour, les points de départ les plus fréquentés sont aussi représentés, par des cercles de tailles différentes. Avec ça, on repère rapidement la position des refuges, par exemple.

Départ carte de chaleur Suunto

C’est très utile en cas de mauvais temps, par exemple. Même si la trace sur le glacier est forcément approximative, du fait que la masse de glace est constamment en mouvement et les dangers qu’elle crée (crevasses, séracs), aussi.

Alors, pour être honnête, j’ai aussi utilisé Garmin Connect pour tracer mes itinéraires…

En effet, un bug sur l’appli Suunto a fait que la courbe du dénivelé était fausse, avec de larges portions de plat. Or, comme je voulais utiliser ClimPro sur ma Fenix 6X Pro Solar, il me fallait des données d’altitude correctes avant de transférer le fichier GPX.

Donc j’ai tracé l’itinéraire sur la Suunto app, exporté le fichier GPX vers Garmin Connect qui a recalculé le profil d’altitude, puis transféré le fichier de Garmin Connect dans la Fenix 6X Pro Solar. Ainsi, j’ai pu bénéficier de ClimbPro et du guidage turn by turn.

Réglage des montres GPS

Pour commencer, je n’ai activé que le GPS seul (pas de GLONASS ni Galiléo). La précision est équivalente et l’autonomie meilleure. Or, sur ce WE, il me fallait au minimum 18h d’enregistrement GPS, plus environ 50h d’utilisation de montre normale.

J’ai activé le capteur d’oxygénation sanguine (SpO2) sur les 2 montres GPS qui en étaient équipées : Fenix 6X Pro Solar et Vertix. Mais uniquement la nuit. En effet, la mesure de SpO2 nécessite d’être parfaitement immobile pendant environ 45 secondes. Autant dire que ça n’arrive jamais en journée. Or, ce capteur consomme beaucoup d’énergie.

Ensuite, il a fallu réfléchir aux champs de donnée. Là, c’est pour beaucoup une affaire de goûts personnels et pour partie une affaire de modèle de montre GPS. La Vertix et la Fenix 6X Pro Solar peuvent afficher jusqu’à 8 champs de donnée par écran. J’ai donc opté pour un écran principal à 5 champs, qui permet d’afficher l’altitude en plus gros, complété par 4 autres données autour de l’altitude et du dénivelé :

  • Altitude
  • Chrono
  • D+
  • D-
  • Vitesse ascensionnelle

J’ai également configuré un écran « suivi d’itinéraire », avec :

  • Chrono
  • Distance
  • ETE (estimated time enroute = durée estimée pour rallier l’arrivée)

J’ai aussi conservé l’heure sur un 3e écran, histoire de savoir quelle heure il est. Parce qu’en alpinisme, quand on se lève à 4h du matin, on a vite fait de perdre la notion de journée.

Pas de fréquence cardiaque ? Ben non, pour 2 raisons. La première, c’est qu’en altitude, avec la raréfaction de l’oxygène, on a vite le souffle court et on n’a pas besoin de connaitre sa FC pour savoir quand on passe dans le rouge. Ensuite, mon expérience me fait dire qu’en randonnée, la mesure de la FC par un capteur cardio optique est toujours fausse. Pire qu’en course à pied.

Auto-pause : OFF. En alpinisme, on se déplace parfois très lentement (1,2km/h de moyenne le 2e jour). Le risque est que la montre GPS se mette en pause de façon intempestive juste parce qu’on se déplace lentement.

Auto-lap : OFF. On s’en fout d’un tour auto tous les kilomètres ou toutes les 30 minutes.

Distance 3D : ON. Je vous ai déjà présenté les calculs dans un article sur l’inutilité d’activer la distance 3D. Mais en alpinisme, c’est différent. L’arrête sud du Weissmies présente une pente moyenne sur sa partie rocheuse de 34%, donc là, ça vaut le coup de prendre en compte les données de dénivelé pour calculer la distance réelle parcourue.

Alerte orage : ON, bien sûr. Mais j’ai fait une petite erreur : j’avais laissé la sensibilité réglée à 4mb pour 3h. Or, le temps change rapidement en haute montagne et j’ai eu plusieurs fois de fausses alertes orage alors qu’on n’a pas vu une goutte de pluie du WE. Pour une prochaine fois, je passerai probablement à 6mb pour 3h.

Weissmies 1
Weissmies 2
Weissmies 3

Les enseignements

Ascension Weissmies
Ascension Lagginhorn

J’ai pu tirer pas mal d’enseignements de ces 3 jours, dont certains serviront même en dehors de l’alpinisme.

Cartographie

Vous le savez sûrement, je recommande d’utiliser la cartographie Frikart avec les montres GPS Garmin, car elle est plus détaillée. Ouais, ben j’avais oublié que contrainement à la carto Garmin qui couvre toute l’Europe, celle de Frikart ne couvre qu’un pays. En l’occurrence, j’avais donc la carto de la France et j’avais surtout oublié que j’allais faire de l’alpinisme en Suisse. Et la carte TopoActive de Garmin, sans courbe de niveau, ben c’est pas du tout adapté (même si elle est précise au niveau du contour du glacier, par exemple)…

Cartographie Garmin

Mais bon, on va dire que c’est en partie de ma faute, j’aurais du penser à télécharger la carte Frikart de la Suisse, elle existe.

A côté de ça, la cartographie outdoor de la Suunto 7 est tout simplement splendide. Elle est détaillée, très lisible, avec les courbes de niveau et des variations de couleurs. L’interface est simple :

  • boutons haut et bas pour zoomer et dézoomer
  • tactile pour déplacer la carte (donc impossible avec des gants)
Cartographie Suunto 7

De plus, la carte de chaleur directement consultable à l’écran de la montre est un plus en alpinisme, car on visualise facilement les itinéraires de variantement. Ca peut servir dans le cas de mauvais temps, soit pour rester sur la trace, ou au contraire pour se dérouter en cas de coup dur météo (par exemple).

Suunto 7 carte de chaleur

Précision de l’altimètre

Rien de nouveau sous le soleil, Suunto reste la marque la plus précise pour ce qui est de mesurer l’altitude et le dénivelé. Je dis marque, parce que ces données ont été aussi précises sur la Suunto 7 que sur la Suunto 9 Baro. J’avoue que j’ai été agréablement surpris des performances de la Suunto7, égales à 1m près à celles de la Suunto 9 Baro. On peut donc balayer tout préjugé qu’on aurait concernant la Suunto 7 plus ‘montre que connectée’ que ‘montre de sport’.

Mais à quelques pouillèmes près, Coros fait aussi bien.

Lors de la montée au premier refuge, je n’avais effectué aucun calibrage manuel d’altimètre sur mes montres GPS (du moins sur celles qui le permettent). Au refuge, les Suunto et la Vertix affichaient l’altitude avec moins de 10m d’erreur, contre 60m pour la Fenix 6X Pro Solar.

Même en ayant calibré manuellement la Fenix 6X Pro Solar au refuge le premier soir, elle m’affichait le lendemain 70m de moins au sommet du Weissmies, alors que les Suunto et la Vertix étaient encore à moins de 5m près de l’altitude réelle. C’est con, parce qu’avec un sommet à 4023m, ben 70m de moins ça fait que la Garmin n’a jamais affiché 4000m… Alors j’ai effectué une calibration en cours d’activité, au sommet, juste pour la photo.

Suivi d’itinéraire et ClimbPro

ClimbPro

ClimbPro a été développé par Garmin pour donner plus d’infos aux traileurs pour gérer leurs montées. Mais c’est un super outil en alpinisme aussi. ClimbPro présente les infos relatives à la montée en cours, de façon plus précise que lorsqu’on n’a que le profil d’altitude de toute la course. C’est vraiment le meilleur outil pour se projeter jusqu’à la fin de la montée.

Suivi d’itinéraire et ETE

Là, j’ai été déçu. L’estimation du temps restant (ETE) ou de l’heure d’arrivée (ETA) est complètement inefficace en alpinisme. L’idée était d’avoir une estimation du temps qu’il nous restait à faire avant d’arriver au prochain refuge.

Mais je pense que les algorithmes ne prennent pas assez en compte le dénivelé par rapport à la distance et qu’on va de toute façon plus vite à la descente qu’à la montée. Bref, complètement inutile.

Oxygénation sanguine

Lors de mon test de la Fenix 5X, j’avais noté que le capteur de SpO2 était complètement inutile en-dessous de 2000m. L’alpinisme, en allant 2 fois à plus de 4000, c’est quand même le terrain de jeu idéal pour ce capteur.

Il y a peu, je préférais l’approche de Coros par rapport à celle de Garmin. En effet, Coros donne, en plus de la valeur de SpO2, un indicateur lié à l’acclimatation à l’altitude qui nous conseille sur la capacité de notre corps à poursuivre l’ascension ou au contraire à redescendre par sécurité.

Coros oxygénation sanfuine

La photo de gauche a été prise au premier refuge, celle de droite au second. On voit que mon corps a commencé à s’acclimater à l’altitude, la SpO2 étant légèrement supérieur la deuxième nuit malgré une altitude supérieure de 250m. Sans surprise, l’indice d’acclimatation de Coros est passé de 60 à 70/100.

Mais Garmin a fait évoluer son interface par une mise à jour au début de l’été. Maintenant, le nouveau widget « acclimatation à l’altitude », présente plusieurs données relativement à l’altitude. Et cette présentation est super intéressante, car on voit bien la corrélation entre les différentes données physiologiques qui évoluent en fonction de l’altitude.

Garmin acclimatation altitude

Le premier écran présente l’acclimatation à l’altitude. Mais au lieu de présenter ça sous forme d’une note sur 100 comme Coros, Garmin indique l’altitude à laquelle on est acclimaté. Au début du WE, c’était 1000m (j’ai passé les 2 semaines précédentes à Sixt-Fer-à-Cheval et Chamonix), 1600m le dimanche soir.

Le deuxième écran présente la fréquence respiratoire. Habituellement, elle est entre 13 et 14 respirations par minutes. On voit que pour compenser l’effet de l’altitude, elle est passé à 15 le samedi soir.

Le dernier écran est le plus impressionnant. C’est la fréquence cardiaque au repos. J’étais à 57bpm en début de semaine. La fatigue et la raréfaction de l’oxygène en alpinisme l’ont fait monter à 63 les 2 nuits que j’ai passées en altitude. C’est une augmentation de 10% du rythme cardiaque au repos, sans aucun effort !

Et bien sûr, on trouve aussi l’oxygénation sanguine sur le widget SpO2 de la montre et dans Garmin Connect.

Garmin oxygénation sanguine

On voit que je suis habituellement entre 90 et 100%, ce qui est tout à fait normal (on n’est jamais vraiment à 100% tout le temps). Mais lors des 2 nuits en refuge, sans surprise, mon oxygénation sanguine est tombée entre 80 et 90%.

Autonomie

Pour ce WE d’alpinisme, il me fallait beaucoup d’autonomie : 18h d’enregistrement GPS, plus environ 50h d’utilisation de montre normale.

Je savais d’emblée que la Fenix 6X Pro Solar (60h d’enregistrement GPS + 6h grâce à la recharge solaire) et la Vertix (60h d’enregistrement GPS) tiendraient largement le choc. Il était clair que la Suunto 7 (12h d’enregistrement GPS) et la G-Shock G-Squad HR (14h d’enregistrement GPS) ne tiendraient pas le coup. Quant à la Suunto 9 Baro, les 18h du mode GPS 1s ne suffiraient pas, donc j’ai utilisé le mode 1s éco (35h sans trop dégrader la précision GPS).

Bien évidemment, il faut réfléchir en amont aux réglages de votre montre GPS. J’avais par exemple passé la Suunto 7 en mode avion dès que j’ai quitté le parking le vendredi en début d’après-midi. Car le Bluetooth et le Wifi, ça consomme un max. Après, il y a d’autres réglages possibles pour optimiser l’autonomie d’une montre GPS.

Depuis 2 ans, je recommande beaucoup les montres GPS Coros pour l’ultra, car ce sont celles qui délivrent, d’après mes tests, la meilleure autonomie. Cette sortie d’alpinisme n’a pas dérogé à la règle. Ainsi, malgré la recharge solaire dont a pu bénéficier la Fenix 6X Pro Solar, c’est la Vertix (avec les mêmes réglages) qui a terminé ces 3 jours avec le plus d’autonomie :

  • Fenix 6X Pro Solar reste 54%
  • Vertix reste 59%

J’ai pourtant paramétré ces 2 montres de la même façon, sauf 1 point : le capteur de SpO2 était actif 24h/24 sur la Vertix, mais que la nuit sur la Fenix 6X Pro Solar. J’ai probablement un tout petit peu plus utilisé la Fenix 6X Pro Solar pour afficher la cartographie de temps en temps. Mais comme elle était tout à fait inadaptée, je n’ai du la consulter que 4 ou 5 fois sur tout le séjour. Donc ça ne suffit pas à expliquer une différence de consommation de 10% entre les 2 montres.

Et comment ça s’est passé pour la Suunto 7 ?

Je voulais vraiment valider la cartographie et les cartes de chaleur de la Suunto 7 en utilisation réelle. J’ai donc tout simplement emporté avec moi une petite batterie externe et la câble d’alimentation. Peut-être 100g de plus, mais qui me permettent de recharger probablement 5 fois la montre. Franchement, en termes d’efficacité, ce n’est pas la peine de s’encombrer d’un panneau solaire. La batterie externe est la solution la plus légère et même largement capable de tenir 1 semaine s’il fallait. Et en plus, c’est vraiment pas cher.

Batterie externe
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Cela dit, la Suunto 7 est donnée pour 12h d’enregistrement GPS, mais s’est éteinte les 2e et 3e jour au bout de 7h. Forcément, l’utilisation de la cartographie sollicite plus l’écran et donc pompe plus sur la batterie. C’est dommage, car c’est trop limite pour une course d’alpinisme. Il manque quelques réglages pour économiser la batterie, comme la possibilité de couper le capteur cardio optique.

On peut la recharger en cours de route (sans couper l’enregistrement de l’activité), mais en alpinisme, un fil qui traine le long du bras, c’est pas très pratique. En rando, ça passerait. Ou alors, il faut accrocher la montre sur le sac le temps de la recharge.

16 commentaires

  • David

    En conclusion pour l’alpinisme je prendrai un Suunto (précision altimètre, la cartographie…).
    Merci pour le test et les photos.

  • Jeremy

    Assez peu de retours sur la S9 en utilisation dans ce contexte: son âge et le manque d’info sur les itinéraires s’est-il fait ressentir par rapport à la carto des Fenix et de la S7 (qui est en effet magnifique!)

    • Jérôme

      Bonjour
      Le suivi d’itinéraire simple m’a toujours suffit, depuis des années. Tant que ton itinéraire est bien tracé et que tu le suis, aucun problème. L’intérêt de la carto commence quand tu n’as pas tracé d’itinéraire à l’avance ou alors que tu es obligé de t’en écarter (en cas de mauvais temps par exemple).

      • Jeremy

        Oui, ou au pire en cas d’embranchements compliqués sur des chemins – ce qui doit assez peu arrivé en alpinisme du coup.
        Quand j’avais la S9, je le trouvais efficace.
        Avec la F6 depuis quelques mois, je trouve le fait d’avoir la carto sympa, ça peut parfois “accélérer” le choix dans le cas d’un sentier qui se divise beaucoup en contexte course à pied/trail….mais je me demande si finalement, le “besoin” ne serait pas induit par la présence de la carto (en gros….ce n’est pas un besoin 😀 )

        Par contre, à chaque fois, je trouve les captures de la S7 bluffantes de qualité et de clarté…j’ai toujours l’impression de voir des images retouchées tant c’est net, clair, vif…

        • Jérôme

          La carto, quand tu l’as tu la regardes et quand tu l’as pas ben tu t’en passes.

          • Jeremy

            C’est un peu la conclusion à laquelle j’arrive doucement après pas mal d’années en Suunto, y compris la S9, et bientôt 1 an en F6. Quand on l’a pas on s’en passe, sans que ça ne soit un manque ou même problématique (pour mon utilisation, qui n’a rien de l’alpinisme 🙂 )
            Quand je vois ce qui a été fait avec la partie carto de la S7, la fluidité de la montre, je ne peux toutefois pas m’empêcher de penser que quelquechose de similaire, ou proche, sur une S9 Gen2 (idéalement pas basé sur Wear OS…) devrait être vraiment pas mal 🙂

  • Gael

    “Or, comme je voulais utiliser ClimPro sur ma Fenix 6X Pro Solar,”
    Je ne connaissais pas cette fonction sur la Fenix 6, c’est pour rester au frais l’été c’est ça ? A quand un test ? 😉

  • Frank

    Bonjour Jérôme,

    Merci pour votre article de tests dans la vallée de Saas et pour la qualité des informations de votre blog en général.

    C’est vrai que la traversée du chaînon Weissmies-Flestchhorn-Lagginhorn offre de magnifiques paysages pour des voies entre 3 et 3.3 (PD). J’en garde un excellent souvenir, même si je n’ai jamais pu voir le dôme de la cathédrale de Milan du sommet du Weissmies !!!

    Votre expérimentation en situation réelle, m’intéresse d’autant plus qu’après une Garmin Instinct, je m’interroge sur l’intérêt d’une montre à cartographie en haute montagne. J’avoue toutefois, rester dubitatif sur vos conclusions.

    Concernant la F6x pro votre test portait sur une cartographie gratuite. Pensez-vous que le résultat eût été différent avec la cartographie numérique Swisstopo 1329 Saas (ou son équivalent Ign pour la France) ?

    Plus généralement, je ne sais trop quoi en penser. Pour les marches d’approche (montagne à vaches = montagne de vacheries) ou pour passer des voies faciles ou peu difficiles en 3 ou en 4, l’intérêt d’une montre à cartographie me semble évident en complément d’une carte physique. Par contre concernant les voies d’alpinisme pures, disons entre 5c à 6a et au-delà…, il existe des topo-guides bien plus précis référençant l’intégralité des 82 sommets alpins de plus de 4.000 m. Et de toute manière, dans les passages engagés on fait plutôt attention à l’endroit où l’on pose ses friends, ses broches à glace et ses dégaines plutôt que de regarder sa montre… Idem en course glaciaire, même les cartes Ign ou Swisstopo au 1/25.000 n’indiquent les possibles chutes de séracs, les moulins glaciaires, ni ne vous prémunissent des plaques à vent et des avalanches. Quant aux passages de rimaye avec le réchauffement climatique et le recul glaciaire, c’est souvent folklo. Alors sur un écran de 3 cm, cela devient une gajure.

    Concernant les rares traces gps que l’on peut trouver sur internet, je ne leur accorde aucun crédit en montagne. Elles sont souvent fausses, incomplètes, tronquées et les risques bien trop importants. N’importe qui peut bidouiller une trace gpx et vous envoyer sur une barre rocheuse au dessus d’un gouffre ou sur un surplomb infranchissable en 8c… (Pour ceux qui ont une belle-mère encombrante, je conseille plutôt l’arête Kuffner au Mt Maudit ou le Grand Pilier d’Angle et l’arête du Peuterey au Mt Blanc… ).

    Reste les traces Heatmap chez Suunto !?! C’est vrai que c’est impressionnant, mais se retrouver derrière une quinzaine de cordées sur l’arête du Hornli au Cervin, aussi ! Dans ce cas, je préfère redescendre. En haute montagne, popularité rime souvent avec danger !

    Concernant la cartographie, ma question serait plutôt la suivante : Existe-t-il des montres à cartographie permettant d’actionner des alarmes (autres que de distance et de temps), en cas de dérive altimétrique ou d’itinéraire ?

    À titre d’exemple, fin octobre 2019, j’ai emmené un groupe d’amis faire l’ascension des Levanna (3.619 m, Haute Maurienne, cotation F). Sur le chemin du retour, après une halte au refuge du Carro (2764 m), vers 14 h 30 le brouillard tombe. Visibilité à moins de 10 m et un crétin qui s’était amusé à déplacer ou à détruire des cairns (balisage) … Je ne reconnaissais plus l’endroit. En fait, nous étions à moins de 100 m d’une barre rocheuse et d’un à pic de 50 m. Je me suis retrouvé pris en défaut. Pourtant, ce n’était que de la vulgaire montagne à vaches, pas la face nord de l’Eiger ou du K2.

    S’agissant de la précision des alti-baro des montres outdoor, c’est un vieux serpent de mer, on sait tous qu’ils sont imprécis et cela ne pose strictement aucun problème. C’est un peu comme pour les sondes Pitot sur les avions. Tous les pilotes savent que les Pitot gêlent ! C’est un problème de physique. Ne plus avoir d’information de vitesse air n’a jamais empêché un avion de voler. Par contre, si un pilote totalement désorienté par la perte de l’info de vitesse et les alarmes dans le cockpit donne et maintien un ordre à cabrer au-delà de 11.000 m, l’avion décrochera inéluctablement. C’est ce qui s’est passé sur le vol AF447. Pour les alti-baro des montres, c’est exactement pareil. Il faut recalibrer plusieurs fois lors d’une course en montagne. C’est d’ailleurs tout l’intérêt des courbes isobariques sur une cartographie. Dès lors que l’on est en présence d’un point géodésique dont l’altitude est connue, il faut impérativement recalibrer, sinon les résultats obtenus seront au mieux fantaisistes, au pire totalement farfelus. Une erreur de 70 m sur un sommet de plus de 4.000 m, est-ce si important que cela ? Il y a 20 ou 25 ans, les alti-baro des Suunto (les seules montres outdoor à l’époque) devaient être recalibrées toutes les demi-heures. En regard, si j’en juge sur ma modeste Garmin Instinct, la précision s’est bien améliorée. Donc sur des montres de plus haut de gamme il n’y a pas de raison d’obtenir des résultats moindres et encore moins de s’inquièter.

    Concernant l’oxymètre de pouls des montres cardio GPS, bof ! C’est plus un gadget commercial, qu’autre chose. D’abord, ils sont beaucoup moins précis qu’un oxymètre digital (<20 euros) et sauf erreur, il ne sont même pas pourvus d'alarme prévenant d'un risque éventuel d'œdème pulmonaire ou mal aïgu des montagnes (MAM). Même si ce phénomène se rencontre le plus souvent entre 5.500 et 7.000 m, j'ai déjà vu lors de cordées de secours des hypoxies sévères avec arythmie cardiaque nécessitant un héliportage, dès 3300 m.

    Ceci dit, il faut reconnaître que ces merveilles technologiques peuvent rendre bien des services pour peu que l'on respecte les règles de sécurité (forme physique, équipement, présence d'un guide ou d'alpinistes expérimentés, météo clémente, indication de l'itinéraire suivi auprès de ses proches et dans tous les refuges fréquentés, respect des horaires de départ et d'arrivée, …) et de conserver une attitude humble face à la nature, en n'hésitant pas à faire demi-tour en cas de problème.

  • Dreammer

    Bonjour Jérôme, bien que je ne sois pas un randonneur et encore moins alpiniste, merci pour cet article qui donne envie de s’y mettre pour découvrir des lieux d’exception.

  • Matt

    Merci pour ce test riche d’infos.
    Je viens t’apprendre pleins de choses sur la carto Suunto, à tester lors de mes prochaines sorties montagne.

  • Xavier

    Bonjour, merci pour ces précieuses informations. Je découvre ce genre de matériel…
    J’ai une question pour les Pros : je compte faire 4 semaines en autonomie complète sur la calotte du Groenland. Et dans ce cadre, ces montres GPS/Boussoles m’attirent. Mais l’idée est JUSTE de faire un point GPS et/ou utilisation de la boussole, quelques fois par jour seulement…Un enregistrement de la position x fois par minute ne m’est d’aucune utilité. Est-ce que ces petits bijoux permettent ce genre d’utilisation ? Dans l’affirmative, je peux tabler sur une autonomie de combien approximativement ? Merci de vos conseils !

    • Jérôme

      Bonjour
      Oui, avec une Fenix, par exemple, tu peux configurer un bouton raccourci pour enregistrer ta position GPS et afficher les coordonnées. Pour gagner en autonomie, tu peux mettre la montre en mode avion, couper les capteurs cardio et SpO2. Après, difficile de donner une autonomie précise pour ce type d’usage, notamment parce qu’il est difficile d’évaluer l’impact du froid sur la batterie. Mais avec une Fenix 6X, tu devrais pouvoir tenir 3 semaines.

      • Xavier

        Super ! Un grand merci….Je vais approfondir cette “Fenix”:-)

      • Frank

        Bonjour,

        La fenix 6x est donnée pour 46 jours en mode expédition, 60 h en mode GPS. En pratique, le mode expé ne sert strictement à rien, car la montre devient très imprécise. À défaut de constellation satellitaire captée, elle passe à l’occurrence suivante (1h après). Lors de tests, la mienne a déjà raté trois fix gps de suite sur la barre des Écrins !

        D’après mes premiers tests, la 6x tient 5-6 jours en usage intensif, (sans recours à la carte, restée au fond du sac). En conditions hivernales ou sous des latitudes polaires, je ne partirai toutefois pas sans batteries externes.

        Sinon, pour un usage professionnel en autonomie de la Fénix 6, je suis désolé, mais Garmin peut revoir sa copie. La précision du GPS est très très approximative par rapport à un GPS pro, (Rockwell Collins micro DAGR) et un peu meilleure qu’avec l’Instinct de base en promo à 220 €. Mais cela vaut-il le différentiel de prix ? Idem pour la cartographie quasi inutilisable avec l’écran non tactile et cette interface préhistorique à boutons. Pour paraphraser feu J-P. Coffe, avec une paire de gants, sur une paroi engagée, c’est de la m…de !

        Le guidage turn by turn suffit. Et s’il ne suffit pas, retour à la carte au 1/25.000ème et boussole Recta. Cela fait moins fun au refuge devant les clients bobos parisiens, mais de mémoire de guide cela ne vous lâche pas dans les moments critiques.

        Concernant le Groenland, attention, sous ces latitudes à :
        – la déclinaison magnétique lors des mesures azimutales. Il faut choisir l’option Référence Nord vrai (et non magnétique). Sinon, gare aux surprises avec les cartes Saga ou Greenland Maps,
        – changer l’affichage des coordonnées de la montre en coordonnées kilométriques UTM/UPS (Universal Transverse Mercator/Universal Polar Stereographic) et le Datum en WGS84, puisque les cartes Saga sont quadrillées en UTM-WGS 84 comme les cartes Ign françaises. Prudence toutefois, quant à l’exploitation des données GPS fournies par la montre avec ces cartes. Vu la latitude, on est à la limite de précision de la projection transverse de Mercator. D’ailleurs, pour couvrir les régions polaires, le système de référence de carroyage militaire OTAN de 100 km par 100 km (Military Grid Reference System, (MGRS)) n’utilise pas les coordonnées UTM, mais les coordonnées UPS beaucoup plus précises. En cas de calculs d’itinéraires, il est préférable de les faire au format MGRS, en utilisant le double affichage UTM-UPS/MGRS de la montre et de reporter les waypoints au format UTM sur la carte physique.

  • Lionel

    super article merci !

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